Principales interventions de la conférence du 23 mars 2015

 


Présentation de Crim’ HALT:

 

L’intervention présente la nouvelle association « Crim’Halt », dont l’objectif est la promotion de la justice sociale. A cette fin et s’appuyant sur l’exemple italien, elle milite en faveur de la réutilisation sociale des biens confisqués à la criminalité organisée ou professionnelle. Créée par Fabrice Rizzoli, l’association est majoritairement composée d’une base étudiante en provenance de formations diverses, mais également de bénévoles dont l’activité professionnelle est souvent en lien avec l’objet des
revendications. Afin de mobiliser et sensibiliser la société civile, l’association impulse des espaces de débats et de production d’alternatives, en développant une expertise propre, notamment grâce à l’investissement d’un comité scientifique.

 

Intervention de Fabrice Rizzoli, Président de Crim’Halt:
 

 

Le président de Crim’HALT revient ici sur l’importance du secteur associatif dans la lutte contre les diverses formes de criminalité organisée. Pensons ici aux associations militant pour que la journée du 21 mars, reconnue en Italie comme la journée en mémoire des victimes du crime organisé, revête un caractère international.

 

Les associations peuvent ainsi jouer de multiples rôles. A travers la recherche scientifique, elles contribuent au développement d’une expertise propre, sans dépendre du savoir institutionnel. La diffusion de ce savoir et l’organisation d’évènements leur permet ensuite de sensibiliser la société civile à ces problématiques. Enfin, elles peuvent jouer un rôle de dénonciation des phénomènes criminels et ainsi permettre l’intervention du secteur judiciaire.
 
Intervention de Geoff Dean, Professeur de criminologie:
 

 

Professeur Australien en criminologie, Geoff Dean s’est penché sur les liens existant entre les meurtres en série, le crime organisé et les crimes de nature
extrêmement violente. Contrairement aux présupposés, son intervention nous invite à relever les mécanismes neurologiques similaires entre ces différentes catégories de crimes. Adoptant une approche cognitiviste, il explique ainsi que, si ces acteurs ont des motifs différents, ils partagent en revanche cinq perceptions et cinq croyances communes structurant leur rapport au crime, les
perceptions étant appréhendées comme des interprétations de la réalité: « We see with the eyes but we perceive with the brain« .

 

Ses études pratiques lui ont ensuite permis de modéliser les facteurs de risque du passage à l’acte, relevant des signaux permettant d’aider les forces de l’ordre à prévenir la criminalité.
 
 
Intervention d’Eric Alt, Vice-Président d’Anticor.

 

 

Son intervention s’articule autour de la dénonciation de l’esprit de la corruption.
Il relève ainsi que la confiance politique est à un niveau historiquement bas, conjugué au plus haut niveau de corruption. Si l’on s’en tient aux études de la commission européenne, ce phénomène coûterait ainsi 120 milliards d’euros par an aux Etats Européens.

 

Cette situation est encore amplifiée par le culte du secret, si élevé qu’il en atteint un niveau pathologique. Il se manifeste par exemple à travers
l’interprétation, parfois abusive, de la notion de « secret-défense ».
En parallèle, le retrait de l’Etat permet un accroissement des violences.
Celles-ci se manifestent en premier lieu à l’égard des lanceurs d’alerte, tant sur le plan symbolique que sur le plan physique. L’action associative permet ainsi une résistance citoyenne à ces dérives, à travers la promotion de mesures défendant les valeurs républicaines.

 

Intervention de Séverine Téssier, Présidente d’Anticor:
 

 

Appuyant les propos d’Eric Alt, Sevérine Téssier insistait sur le lien entre démocratie et corruption. Depuis sa naissance en 2002, Anticor a vu la création de plusieurs groupes locaux, signes de la bonne vitalité de l’association. La corruption s’est toutefois également enracinée, la décentralisation ayant reconstitué les féodalités d’anciens régimes.

 

Le système politique français s’appuyant sur une forte délégation du pouvoir aux élites, sans réel contrôle démocratique, les dérives criminelles corruptives revêtent un caractère systémique. A cet égard, l’on remarque que la majorité des condamnations concernent des élus cumulant les mandats. Pire encore, certaines fonctions publiques sont cumulées à des fonctions privées, créant ainsi des conflits d’intérêts. Un accroissement des mécanismes de contrôle démocratique devient donc impératif pour limiter les dérives, ce qu’Anticor met en place à travers un large répertoire d’actions (formation des citoyens, création de chartes éthiques, etc).

 

Intervention de Silvia Caccia, Présidente de Libera France:
 

 

Sil’Etat Français a réussi quelques progrès en matière de confiscation des biens mal-acquis, en témoigne la création de l’Agence de Gestion et de Recouvrement des Avoirs Saisis et Confisqués, en 2011, le système juridique ne permet pas encore la réutilisation sociale de ces biens, à l’image de ce que permet une loi italienne de 1996.

 

Le réseau d’associations Libera, né en Italie, en 1995, et souhaitant impliquer la société civile contre les mafias, a connu plusieurs réussites ces dernières
années. A l’échelle européenne, le Parlement Européen a approuvé les initiatives étatiques sur la confiscation des biens mal-acquis. En France, le député Jean-René Marsac, s’est saisi de cette question au travers d’amendements, et s’il n’ont pas abouti à l’entrée en vigueur d’une loi, quelques promesses lui ont été faites en ce sens. Par son activité, Libera contribue ainsi à faire émerger la question sur l’agenda politique institutionnel.

Conférence Crim’HALT : société civile contre esprit de criminalité

 Conférence/Débat
Lundi 23 mars 20h-22h30
Entrée libre
Maison de l’Amérique Latine
217 Boulevard Saint-Germain, 75007 Paris
La société civile face à l’esprit de la criminalité

Les associations :

Crim’HALT comme Alternative : les biens des criminels professionnels doivent être redistribués à la société civile

IFRAV, association pour la citoyenneté contre les violences
Démocratie et Justice, créateur du prix Falcone

Anticor, pour l’éthique en politique
Libera, la société civile contre les mafias

vous invitent à une conférence-débat sur le rôle la société civile contre l’esprit de criminalité

Intervenants :

– « Du crime organisé au terrorisme : sociologie de la violence extrême »
Geoff Dean, professeur et directeur de l’école de « criminologie et justice » à l’université de Griffith (Brisbane Australie)

– « De l’esprit de la corruption »
Eric Alt, vice-président d’Anticor et membre du syndicat de la magistrature

– « Lutter contre la corruption : à la conquête d’un nouveau pouvoir citoyen »
Séverine Tessier, présidente d’Anticor

– « Face à la violence de la corruption : de victime à lanceur d’alerte »
Patrick Malick, lanceur d’alerte

– « Libera : 20 ans d’antimafia sociale en Italie : bilan et perspectives »
Silvia Caccia, présidente de Libera France

En présence de

Modération
Fabrice Rizzoli, président de Crim’HALT
et prix droits de l’Homme « Falcone 2014 »