Séjour sur les terres libérées de la mafia : mieux faire face à la grande criminalité en France

Crim’HALT, toujours dans le but de promouvoir la justice sociale et en partenariat avec « Culture contre Camorra« , s’est rendue dans en Italie pour se former au sein coopératives antimafias

Auto-formation au cœur des coopératives sur les terres libérées de la mafia

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Tina Borzachiello, gérante de la coopérative Dulcis in fundo

Dans le cadre d’un projet européen, Erasmus+, Crim’HALT s’est rendue dans la région de Naples au mois d’avril 2019.  Accueillie par le Comitato Don Peppe Diana pour découvrir les bonnes pratiques de l’Antimafia sociale, le groupe s’est formé aux techniques de plaidoyer et de mise en œuvre de l’usage social des biens confisqués.

Un sujet de Florence Antomarchi (France3 Corse), qui a accompagné Crim’HALT pendant 3 jours

 

Pendant ses 6 jours de formation (cf. Carte postale électronique 1er jour), les membres de Crim’HALT ont perçu l’essence même de cette loi : la transformation du territoire :

Avant la loi : 

« Avant c’était un désastre. C’était un vivier de la Camorra ici. Il se passait un peu de tout… » Umberto de Biase habitant de Casal di Principe face aux caméras de France 3

Après la loi :

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Des activités économiques durables, de l’insertion sociale de personnes en difficulté (handicapées, d’anciens détenus ou toxicomanes), des ouvertures d’écoles et la mise à disposition de locaux pour des projets associatifs. Grâce à cette loi :  le citoyen est au cœur du combat contre la mafia.

« On se reconnaît entre gens qui luttent, on a de la force ensemble » Maria Laura Di Biase, responsable du Comité Don Diana

 

Pourquoi redistribuer les biens mal-acquis ? …

Confisquer des biens et faire des procès est insuffisant. Comme l’explique Simmaco Perrillo président de la coopérative « Al di là dei sogni », le vrai problème pour les criminels est de voir « leurs » terres utilisées par d’autres. Pour les mafieux : voir d’autres personnes sur « leurs » terres revient à briser le lien qui les unis à ce territoire. « Et c’est sur, si tu as des gens qui sont là où tu crois être encore chez toi, tu n’es plus un boss, tu es juste une personne normale! »

Le combat contre la grande criminalité ne se réduit pas à l’action des forces de l’ordre. Il faut aussi agir sur les consciences et attitudes des population. car « même quand les mafieux ne sont plus là, la mentalité attachée à la mafia est toujours là ; celle qui pousse à demander pour qui voter, à obéir à la loi du silence, à voir l’Etat comme l’ennemi… Avec cette loi et même si cela sera long, nous avons espoir d’éradiquer cette mentalité mafieuse« . Maire de Castel Volturno dans le sujet France3

…. pour, en FRANCE, mettre le citoyen au cœur du dispositif anti-grande criminalité

Comme évoqué dans Agrasc le sujet de France3, la réutilisation sociale des biens confisqués en France a encore du chemin devant elle. Or, on ne le répétera jamais assez : il n’y a pas de lutte contre la grande criminalité sans contribution et mise à contribution des populations. En effet, les policiers et les magistrats ne peuvent pas tout faire. Il faut s’en remettre à la société civile qui doit exprimer sa volonté de voir naître une société meilleure. En France, malgré, pour la seconde fois : une loi d’usage social des biens confisqués,  il reste encore beaucoup à faire : s’assurer que la loi soit définitivement votée, interpeller les dirigeants sur la présence mafieuse sur le territoire et la nécessité d’agir, appeler la justice à mettre à la disposition des citoyens ces décisions, réussir à faire de la lutte contre la grande criminalité un sujet important dans l’agenda médiatique pour alerter et impliquer la population, etc.

Pour en savoir plus sur la la loi italienne

En Italie, depuis 1996, une fois confisqués, les biens ne sont pas vendus aux enchères mais mis à la disposition des collectivités territoriales puis des secteurs associatif et social (cf. vidéos & article)

Dans les traces de la mise œuvre, en 1982, des délits d’association mafieuse, de confiscation sans condamnation pénale du propriétaire et du Maxi-procès (1986-1987), une nouvelle offensive législative et judiciaire s’est exercée au milieu des années 1990.

Mais c’est à la faveur à la mobilisation des citoyens sous l’égide l’association Libera et de sa pétition d’un million de signatures qu’une loi révolutionnaire a vu le jour. En 2019, plus 12 000 biens confisqués sont libérés de la mafia par l’occupation d’institutions, d’association, de coopératives.

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