Crim’HALT sur Cnews

Pierre Cuccuru ou « le juge de paix »  :

une affaire de vendetta corse?

Un sujet de Cnews le 6 septembre 2019

En présence de : 

  • François Canonici qui a écrit un livre de Bonifacio à Pigalle pour raconter la vie de Pierre Cuccuru
  • Fabrice Rizzoli, président de l’association Crim’HALT
  • Bruno Fuligni, Historien et essayiste 
  • Jérôme Pierrat, spécialiste en criminologie 

 

Pierre Cuccuru a été assassiné par Robert Juan dans la nuit du 29 au 30 juillet 1954 dans un bar du côté de la Madeleine. Connu pour son titre de « juge de paix », cette appellation interpelle autant sur l’homme qu’était Pierre Cuccuru que sur le fonctionnement du crime organisé.

Pour François Canonici, « c’était quelqu’un de bon conseil, c’était quelqu’un que l’on respectait. C’est lui que l’on consultait… Il y a même des gens qui venaient de Corse pour demander à Pierre Cuccuru s’ils pouvaient rentrer dans les administrations… Lui ce n’était pas un personnage politique mais il avait de l’influence. »

L’influence justement, mais aussi son côté conciliateur lui ont valu ce titre de « juge de paix ». Un titre qui ne lui a pas été donné au hasard selon Jérôme Pierrat : « Il faut avoir une certaine réputation dans le milieu pour prétendre à cette place là. Il a eu 8 condamnations avant la guerre et après il se tient à carreaux. Le rôle de juge de paix c’est ça : on prend un type de bonne foi, qui est juste, qui a une bonne réputation parce que dans leurs affaires on ne va pas aller porter plainte, se plaindre en cas de litige. La violence est la seule solution pour résoudre ces histoires là. Avant d’en arriver là, il est de bon goût d’essayer d’avoir une conciliation, c’est un médiateur si vous préférez. Il va essayer d’arranger le coup. »

Un titre de juge de paix c’est bien, mais pouvoir l’exercer et être respecté c’est mieux ! C’est là que la notion de territoire entre en jeu… Fabrice Rizzoli ne manque d’ailleurs pas de rappeler que la notion de territoire est spécifique à chaque pays : « Très certainement que la notion de territoire est différente. En Italie, chaque chef mafieux doit gouverner sur son territoire. Ça peut être son petit village de 2 500 habitants et il ne peut pas partager cette notion de juge de paix. Il est juge de paix sur son territoire de 2 500 habitants. Ce que je crois c’est que la répartition territoriale en France est forte : vous pouvez avoir des bandes de l’Opéra à Marseille, une autre bande au Panier ; et pourtant vous pouvez avoir un juge de paix qui va être écouté par les deux territoires. C’est peut être ça la différence. Mais dans tous les cas, parce qu’on parle d’organisation criminelle, celui qui est reconnu comme juge de paix sur son village ou par deux quartiers doit avoir le respect et l’écoute et c’est très clairement le facteur essentiel passe par la force. Mais cette violence peut être faite de manière rationnelle : on est pas obligé de tuer tout le monde. Ca peut être la menace, la mise à l’amende pour être écouté. » 

Voici donc un retour en images sur « Cuc » et sur la mafia corse en France dans les années 1950…

 

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