Crim’HALT in CaféBabel magazine

Le débat sur la mise en place d’un système de coopérateur de justice en France est revenu sur le devant de la scène suite au procès Chossat, ancien criminel, condamné à huit ans de prison pour le meurtre de Richard Casanova. 

Si en Italie la justice dispose d’un statut très élaboré concernant les anciens mafieux coopérateurs, en France il découle de cette question de nombreuses approximations. Il existe une réticence claire et affichée des avocats envers le statut de collaborateur de justice à la française, comme l’explique Thierry Vallat, avocat au Barreau de Paris. (cf. Mafia corse : comment la France collabore avec les repentis).

Une des autres failles de la justice française envers ce statut concerne l’obtention de ce dernier. En effet, aucun criminel ne peut l’obtenir si sa parole ne permet pas de prévenir ou de contrer une prochaine infraction ; bref une justice Minority report!

Selon Fabrice Rizzoli, président de Crim’HALT, il y a ici un véritable trou noir juridique en France comparé à l’Italie, à qui, ce statut a permis de connaître en profondeur le système mafieux à travers des renseignements précieux venus de l’intérieur. Il ne s’en cache pas et affirme pleinement que » le soldat qui tue peut dénoncer le commanditaire de l’acte sans craindre pour sa mort« .

Notre association milite pour une loi inspirée du modèle italien qui a le pouvoir de définir des cadres juridiques de sanctions et de peines pour appartenance à la mafia. Par la voie de son président, Crim’HALT considère « qu’on ne peut pas lutter contre un phénomène criminel si on le connaît pas. Et pour le connaître, la parole des gens de l’intérieur est indispensable. Par conséquent, pas de connaissance de la mafia française sans coopérateur de justice. »

Si pour Fabrice Rizzoli le statut italien est très abouti, d’autres expert évoquent des limites. Pour Déborah Puccio-Den, chercheuse au CNRS, la réintégration sociale des anciens mafieux n’est pas encore satisfaisante. De plus, elle s’interroge sur l’application d’un modèle étranger sur la réalité française. Selon elle, il faut établir un cadre juridique anti-mafieux propre au du pays. Thierry Vallat partage la même idée, dénonçant l’harmonisation de ce statut au niveau européen « d’illusoire ». Mais alors le statut français permet-il seulement la réinsertion sociale mais aussi celle de la protection familiale du repenti ? A la lecture du procès Chossat : Crim’HALT en doute… (cf. Mafia corse : comment la France collabore avec les repentis)

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