L’Infiltré, de Hubert Avoine

          Lors du 3ème Salon « des livres et l’alerte » qui se tiendra les 2 et 3 décembre à la La Maison des Métallos à Paris, vous aurez l’occasion de rencontrer Hubert Avoine, auteur de L’Infiltré, publié aux éditions Laffont (2017).

Agent de l’Office Central pour la Répression du Trafic Illicite des Stupéfiants (OCRTIS), Hubert Avoine décide, avec l’aide de l’expert en espionnage et journaliste pour Libération Emmanuel Fasten, de composer cet ouvrage afin d’y rapporter son expérience. Son récit constitue un travail de dénonciation autant que de sensibilisation. Il nous permet de le suivre dans ses années d’infiltration du milieu des narco-trafiquants, d’Amérique Latine notamment, mission au cours de laquelle il avoue être « devenu complice d’un système qui, au prétexte de lutter contre le trafic de drogue, contribuait à sa diffusion massive. Jusqu’à la rupture, aussi brutale que violente. »

Vous aurez l’occasion d’en savoir plus lors des conférences « l’alerte face à la grande criminalité » et « Etat et abus de droit » et l’auteur sera présent au salon pour dédicacer son ouvrage. Mais pour vous offrir dès à présent un premier regard sur ce livre, le Secrétaire de Crim’halt, Vianney Turbat, en a rédigé pour vous un petit compte-rendu, que vous trouverez ci-après.

* * *

          Tout d’abord, le livre est bien écrit, cela mérite d’être souligné. Les phrases sont parlantes, parfois cinglantes ou caustiques ; il engage un dialogue avec le lecteur et c’est agréable à lire. On sent même un rythme à ces histoires qui s’enchaînent, jusqu’à une sorte de rebondissement final qui correspond à une remise en question du personnage.

C’est le récit d’un homme, M. Avoine donc, dont la jeunesse est indirectement liée à des trafics et consommation de stupéfiants. Dès les premiers chapitres, l’on apprend que sa femme, consommatrice, a réussi à obtenir la garde de leurs deux enfants en Espagne et que le personnage va entamer un lourd combat juridique pour récupérer ses enfants. Cela va le motiver dès le début à se mettre au service des services de l’Etat français, pour faire avancer les procédures internationales.

Adepte des cercles très fermés de la ville de Cannes, il va permettre la mise en relation en février 2007 de la PJ de Nice avec un « voyou corse » dans la tourmente, dont les tuyaux lui éviteront la prison. De là, Hubert Avoine devient indic du ministère de l’intérieur sur le trafic de stupéfiants et dépend du SIAT, le service interministériel d’assistance technique, créé par la loi Perben II.

Par la suite, il sera dépêché durant une longue période sur des missions au Mexique, où ses informations sur Ingrid Betancourt et l’apparente possibilité de mettre l’Etat français en contact avec les FARC le font remarquer. Sa libération serait donc fortement liée à son implication dans ce dossier, mais ces excursions au Mexique lui permettront surtout de faire la rencontre de plusieurs personnages-clés dans les cartels mexicains, comme une certaine Gabriela Vasquez, une banquière qui blanchit leurs fonds. Hubert Avoine lui offrant un accès privilégié à Paris, leurs relations professionnelles se nouent étroitement et lui méritent l’intérêt de la DCPJ à Nanterre qui prend le relais de la PJ de Nanterre.

A partir de là, Hubert sera directement en contact avec la DCPJ et plus particulièrement avec le patron de l’Ocrtis (brigade anti-stup), François Thierry, pour le compte duquel il va continuer à nouer des liens avec ses contacts au Mexique, jusqu’à faire infiltrer un agent américain et se rapprocher d' »El Chapo », l’homme à la tête du plus gros cartel dans les années 90/2000. L’on suit le personnage sur d’autres affaires aux Antilles, ou à Paris, et se poursuit durant les deux premières parties du livre une histoire somme toute assez angoissante, de par le travail d’infiltration et les situations dans lesquelles Hubert Avoine se plonge, au coeur d’un trafic de stupéfiants dans des pays où il est redouté que la couverture de la brigade anti-stup ne suffise pas à le faire revenir en France si les affaires tournaient mal.

Durant ces deux premières parties, la narration est très factuelle. Cela permet de s’insérer dans les réseaux du crime et de leurs pratiques en termes de blanchiment d’argent et de transport de drogues qui sont bien expliqués. L’on y lit des contacts réguliers entre Hubert Avoine et François Thierry, presqu’amicals et l’état d’esprit de l’auteur dans cette partie du livre reflète une certaine confiance dans les entreprises de l’Etat (quelques passages de doutes ceci dit, mais relativement sporadiques) contre les trafiquants, Etat qui l’appuie dans ses démarches judiciaires.

Dans la troisième partie en revanche, toute la question du lancement d’alerte (mot qu’on ne lit nulle part dans le livre, preuve s’il en est qu’il pourrait être un lanceur d’alerte) se pose pleinement. Si, sans pour autant préjuger d’une situation professionnelle au milieu du crime dont je ne parviens à imaginer les aspects et les angoisses, il semble manquer de remise en question sur les actions de l’Etat et le peu d’informations que soutire Hubert Avoine à François Thierry concernant l’issue de ses missions. Au final, Hubert Avoine, en confrontant pièces de procédures (par exemple concernant l’affaire Air Cocaïne) et son propres vécu, ses observations et ses conversations avec François Thierry, met en lumière des pratiques douteuses de la PJ pour coincer les malfrats et sur lesquelles il se penche sur toute la dernière partie du livre. Quelle est la place de la PJ quand elle facilite voire engendre un trafic de stupéfiants ? Dans cette dernière partie, l’auteur s’interroge surtout sur le statut des indics, qui ne sont officiellement pas rémunérés et qui disposent d’un marché privilégié pour écouler leurs produits contre leurs informations, un statut que l’on ressent très flou au travers d’affaires juridiques impliquant des trafiquants indics. D’autant, comme on le voit avec la clôture de l’histoire de l’auteur, que ces indics eux-mêmes peuvent ne pas être informés de l’issue de leurs actions : Hubert Avoine apprendra des années plus tard avoir travaillé pour le compte de la DEA dans le démantèlement du cartel d’El Chapo, sans avoir été aucunement été rémunéré par l’Etat américain. Qui sont ces indics quand ils n’agissent que pour le compte de l’Etat français : « J’ai agi pour e compte de l’Ocrtis, je n’ai pris aucune initiative, j’ai tout le temps rendu compte de ce que je faisais ». C’est un autre indic qui parle lors de son procès mais après 200 pages d’infiltration dans les réseaux de stupéfiants, cette phrase résonne comme un écho à la place d’Hubert Avoine dans ses relations avec les trafiquants et François Thierry, qui apparaît petit à petit comme le premier trafiquant de France.

Au bord de la paranoïa, Hubert Avoine décide de rompre le silence et d’adresser une lettre au procureur Molins. 

Publicités

Table-ronde « Etat et abus de droit »

Dans le cadre du 3ème salon « des livres et l’alerte »

Dimanche 3 décembre 13h30
La Maison des Métallos
94 rue Jean-Pierre Timbaud, 75011 Paris
Métro : Couronnes (ligne 2) ou Parmentier (ligne 3)
entrée est libre et gratuite

Etat et abus de droit

avec Elizabeth Borrel et James Dunne

Animation Fabrice Rizzoli

La raison d’État ou la balance commerciale peuvent-elles tout justifier ? Quelles méthodes au service de la raison d’État pour aboutir à la déraison d’État ?

Table ronde « l’alerte face à la grande criminalité »

Dans le cadre du 3ème salon « des livres et l’alerte »

Samedi 2 décembre 17h
La Maison des Métallos
94 rue Jean-Pierre Timbaud, 75011 Paris
Métro : Couronnes (ligne 2) ou Parmentier (ligne 3)
entrée est libre et gratuite

« L’alerte face à la grande criminalité » 

Avec Bruno Piriou (prix Anticor2015)Hélène Constanty, Xavier Monnier et  et Séverin Medori maire de Linguinzetta (prix Falcone 2016)

Animation Fabrice Rizzoli

La grande criminalité défie l’intérêt général mais en France, on peine à faire le lien entre crime organisé et corruption. Alors que risquent ceux qui nous en informent ?

En attendant, l’Italie, qui redistribue aux citoyens des milliers de biens confisqués au mafieux, vient de voter l’usage social des biens mal-acquis par les corrompus.

Crim’HALT sur BFMTV

BFM_PoliceL’ex-chef de l’OCTRIS est mis en examen pour complicité de trafic de stupéfiants!
Mais comment en est-on arrivé là?

Crim’HALT s’est déjà penché sur cette question :

Cliquez : Un collectif s’attaque aux excès de la politique antidrogue

Cliquez : Conférence – Trafic de drogues : quel bilan de la prohibition ?

3 secondes d’ITV pour effleurer le sujet sur BFMTV avec Axel Ronde, Secrétaire général du syndicat VIGI Police Île-de-France, Fabrice Rizzoli, docteur en sciences politiques, spécialiste du crime organisé – président de l’association Crim’HALT et Claire Andrieux, journaliste police-justice de RMC.
Cliquez : BFM Story, du vendredi 25 août 2017, présenté par Thomas Misrachi.

Pour en savoir plus Les Grands Dossiers de Diplomatie

Crim’HALT dans La Croix

Le 4 juillet, Fabrice Rizzoli, président de Crim’HALT était interviewé par le journaliste Noé Michalon du journal La Croix concernant la ‘Ndrangheta. Un important réseau de cette mafia était visé par des opérations de police deux jours plus tôt :

Après avoir subi une importante descente des autorités italiennes mardi 4 juillet, la mafia calabraise est loin d’avoir dit son dernier mot. Si son pouvoir de nuisance semble s’être amenuisé sur les dernières décennies, ces nouvelles arrestations sont loin de signer la fin de la vendetta.

Lire la suite : Italie : la mafia calabraise n’a pas dit son dernier mot

Crim’HALT aux Grands Voisins

Retour sur le workshop :

« Journalistes : quel rôle dans la lutte contre la corruption ? »

L’espace associatif des Grands Voisins, à Paris, a accueilli le workshop « Journalistes : quel rôle dans la lutte contre la corruption ? », le 16 juin dernier. Un rendez-vous rendu possible par l’ONG European Youth Press, réseau de jeunes journalistes européen et le magazine Cafébabel, dans la continuité de leur collaboration autour du projet Reporting Against Corruption. L’événement a réuni plus d’une vingtaine de participants, principalement de jeunes journalistes, autour des organisateurs et des intervenants Fabrice Rizzoli, représentant Anticor et président de l’association Crim’HALT et Alexandre Brutelle, journaliste indépendant venant présenter le projet Deputy Watch, première base de données en ligne sur les délits d’élus. L’occasion pour chacun, militants et journalistes, de partager le fruit de leur travail et de réfléchir à la nécessité d’établir un pont entre leurs activités.

ACRP : Reporting Against Corruption, une initiative européenne

19264158_10154713764190662_739676713_oSafouane Abdessalem est tout d’abord revenu sur sa participation au premier workshop du « Reporting Against Corruption Project », au titre de journaliste pour Cafébabel. C’est auprès de dix journalistes européens sélectionnés par European Youth Press qu’il avait participé à une semaine de formation intensive à Anvers en mars dernier. Formation destinée à familiariser les participants à divers outils de la lutte contre la corruption.

Des outils empruntés à différentes pratiques, parmi lesquelles le journalisme d’investigation, le data-journalisme ou encore l’activisme, comme autant de directions données aux jeunes participants pour constituer leur propre « boîte-à-outils » et l’utiliser à leur retour dans leurs pays respectifs.

Ces derniers devaient également se charger de l’organisation d’un workshop porté autour de la même thématique, permettant ainsi le rendez-vous donné le 16 juin aux Grands Voisins.

Identifier la corruption avec Fabrice Rizzoli

19349416_10154713765220662_1788171540_oSuite à cette présentation, Fabrice Rizzoli s’est exprimé sur le thème du workshop en tant que représentant de l’association et président de Crim’HALT, à l’invitation des organisateurs. Il a présenté au public différents exemples de points de blocage institutionnels ralentissant la lutte contre la corruption.

Manque d’indépendance des procureurs vis-à-vis de l’exécutif, mise sous tutelle des Officiers de police judiciaire par leurs supérieurs hiérarchiques plutôt que par des magistrats enquêteurs ; nombreux sont les points institutionnels pouvant, en France, court-circuiter l’action de l’état en ce domaine.

Parmi ces derniers, le président de Crim’HALT, a mentionné l’existence du fameux « Verrou de Bercy », donnant le dernier mot au ministre de l’économie en matière de poursuites fiscales, lorsque ce rôle est habituellement réservé au procureur de la République pour tout ce qui relève du pénal. Pour rappel, la suppression de ce verrou avait été rejetée de peu à l’Assemblée Nationale en juillet dernier.

Fabrice Rizzoli a aussi fait écho à la crise que traverse actuellement la presse en matière d’indépendance éditoriale, citant l’attaque du Figaro essuyée par Anticor en 2015, au moment de la plainte déposée par l’association contre Serge Dassault, propriétaire du journal.

Enfin, il a également insisté sur l’usage social des biens confisqués comme unique moyen d’impliquer les citoyens contre la corruption, par exemple en reconvertissant des biens mal acquis et confisqués par l’état en lieux ouverts aux citoyens. C’est à ce titre que l’association Anticor devrait se voir mis à disposition l’appartement de Claude Guéant pour qu’il devienne le siège de la seule association anticoruption indépendante. La maison de Patrick Balkany devrait devenir la maison des journalistes. Une mesure par ailleurs recommandée par la Commission Spéciale du parlement européen contre le Crime organisé, la corruption et le blanchiment [CRIM].

Un énorme merci au Conseil Constitutionnel pour avoir retoqué l’amendement usage social des biens confisqués (cf. Communiqué de presse : les biens confisqués échappent à la société civile !)

Deputy Watch : du data-journalisme militant

cropped-logo_deputywatchAlexandre Brutelle, président du média associatif Politics Watch, a ensuite partagé avec le public le site Deputy Watch, première base de données des délits d’élus, réalisée à la veille des élections législatives avec la participation de nombreux jeunes journalistes français.

L’objectif de ces derniers : offrir aux votants un moteur de recherche récapitulant le passé judiciaire des députés sortants se représentant aux élections. Un projet en réponse au flot rapide et continu de l’information, où les manques de probité de nos élus se noient régulièrement.

Il a par la suite fait état des projets à venir pour le site : la création d’une nouvelle plateforme agrégeant de nouveaux types d’élus, parmi lesquels les sénateurs ou les députés européens. Mais également un nouveau média indépendant, qui informera le grand public sur les méthodes que les citoyens peuvent emprunter au journalisme afin de s’organiser eux-mêmes contre la corruption.

Des initiatives à suivre !

Alexandre Brutelle & Fabrice Rizzoli

Crim’HALT dans « Riviera Nostra » : le film

Fabrice Rizzoli, président de Crim'HALT
Le président de Crim’HALT

France 3 propose un documentaire de Jean Michel Verne et Bernard Nicolas coproduit par Alkimia et France Télévisions, producteur exécutif : Pascal Richard, sur la présence mafieuse italienne sur la côté d’Azur. Fabrice Rizzoli, président de Crim’HALT répond aux questions des journalistes et défend de nouveaux outils pour lutter contre la « grande criminalité ».

Le pitch de France 3 :  « La « mafia » [Crim’HALT se réserve le droit de retirer la majuscule au mot « mafia » qui est un nom commun] sur la Côte d’Azur, c’est une histoire d’amour vieille de 35 ans, une histoire entre des italiens fuyant leur pays et la France, avec la Méditerranée pour décor mais sans le romantisme… »

Crim’HALT à Cabries

17634609_380978415635042_7466268677843150700_nLe 31 mars, Jean Sansone, président de l’association « Cabriès Défense Développement », organisait une réunion publique afin d’annoncer son adhésion à Anticor. « Cabriès Défense Développement » est une association fondée en septembre 2016 et, comme Anticor, milite pour rétablir l’éthique en politique et le rapport de confiance entre citoyens et élus.

Jean Sansone a donc évoqué les sujets locaux auxquels son association est confrontée comme les décharges sauvages autorisées par le maire. Le préfet et d’autres personnalités politiques ont été alertés.

17759859_380981155634768_4739326820699705196_nL’association CDD avait invité Fabrice Rizzoli, docteur en sciences politiques, membre d’Anticor et spécialiste de la « grande criminalité » (crime organisé, délinquance économique et financière et corruption), à présenter ses travaux.

Fabrice Rizzoli a ensuite présenté la nouvelle charte d’Anticor en illustrant les différents points de cette dernière. « C’est aux citoyens de s’emparer de cette charte pour la faire appliquer » dit Fabrice Rizzoli afin de rappeler que les promesses des politiques, ayant signé les anciennes chartes, peuvent être oubliées…

Puis, l’importance de l’usage social des biens confisqués en Italie en prenant l’exemple des affaires Balkany et Cahuzac. Tout comme en Italie, les biens de ces personnalités politiques devraient être mis à disposition de coopératives bio ou devenir un lycée hôtelier ou agricole.

libera_CabriesA ce jour, seule deux associations demandent un tel dispositif : Anticor, article 19 du plaidoyer et Crim’HALT!

Jean Sansone s’est vu offrir deux produits Libera Terra fait par des coopératives sur des terres confisqués aux mafias. L’un des produits, le pesto d’olive calabrais est fait par la coopérative Valle Del Marro. Le président de cette coopérative et le président de Crim’HALT étaient en Suisse la semaine du 21 mars pour la journée des victimes de mafias.

Un énorme merci au Conseil Constitutionnel pour avoir retoqué l’amendement usage social des biens confisqués (cf. Communiqué de presse : les biens confisqués échappent à la société civile !)

Crim’HALT sur RTL

7773112348_jean-alphonse-richard
Jean Alphonse Richard

Au mois de janvier, le président de Crim’HALT était interviewé par les journalistes Jean-Alphonse Richard et Loïc Farge dans l’émission d’Yves Calvi. Fabrice Rizzoli revient sur la loi d’usage social biens confisqués (cf. les biens confisqués échappent à la société civile !)

Italie : une maison de la mafia va devenir un centre pour enfants autistes

La lutte contre le crime organisé est tellement fructueuse, le trésor saisi est tellement gigantesque, que les autorités italiennes doivent trouver des solutions ingénieuses pour faire prospérer ces biens saisis. C’est le cas notamment d’une villa emblématique bâtie au début des années 90 non loin de Naples, à Casal di Principe. Elle a été baptisée « Scarface » parce que le boss de la Camorra qui la possédait l’avait voulue strictement identique à celle du film avec Al Pacino dans le rôle de Tony Montana.

Cliquez : Italie : une maison de la mafia va devenir un centre pour enfants autistes