Crim’HALT sur la RAI

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LA FRANCE ET LA LUTTE CONTRE LA MAFIA : UN DÉFI TOUJOURS D’ACTUALITÉ

Fabrice Rizzoli était l’invité de Rai Radio 1 pour parler des actions dont les citoyens français disposent pour lutter contre les mafias. Des propos recueillis par Anna Milan.

Selon le président de Crim’HALT, les moyens d’actions disponibles sont peu nombreux et lorsqu’ils existent, nécessitent la mise en place de longues procédures souvent inachevées faute de moyens accordés à la magistrature française. Ainsi, la seule solution pour parvenir à lutter efficacement contre la mafia serait de mettre fin l’impunité lié au blanchiment par une confiscation sans condamnation pénal du propriétaire, puis de mettre à disposition de la société civile les locaux confisqués aux trafiquants comme cela est déjà le cas en Italie (voir Les biens confisqués échappent à la société civile).

Il est aussi à soulever le manque de collaboration entre les différents pays dans la lutte contre la mafia. Ainsi, les frères Pellegrino déjà condamnés par la justice italienne ont poursuis en France des activités dans le domaine du bâtiment (cf. Le reportage (France 2 le 13h15) sur l’infiltration mafieuse en France).

Retrouvez l’interview en image ici  :  https://www.raiplayradio.it/programmi/inviatospeciale/archivio/video/
Emission audio « Inviato Speciale », Rai Radio 1 : https://www.raiplayradio.it/audio/2019/02/INVIATO-SPECIALE-e69933c1-9c43-4ee9-a662-beb653cb8501.html

Retour sur l’assassinat du journaliste slovaque

Retrouvez une enquête passionnante d’Aude Massiot, envoyée spéciale en Slovaquie.

L’article de Libération, publié le 24 février 2019 fait état d’une affaire qui a agité le pays au début de l’année 2018 : l’assassinat de Ján Kuciak par la mafia. En effet, son enquête visait à prouver l’existence d’un lien entre certains hommes d’Etat comme le premier ministre Robert Fico et les hommes de la mafia. Dans son article, Aude Massiot est partie à la rencontre de différents agriculteurs slovaques qui tous prennent la parole et dénoncent la main mise de la mafia sur le secteur agricole : la Slovaquie étant le pays où les aides accordées par l’Union européenne sont les plus importantes, les malversations ne tarissent pas. Lire la suite

« repenti » : un reportage sur la coopération avec la justice en France

Dans le cadre de l’émission Ghjustizia sur Via stella (France3 Corse), la journaliste Marie Françoise Stifani produit un sujet sur le la coopération d’anciens gangsters avec la justice française (cf. Tribune de Crim’HALT au Monde : réflexions autour du statut de « coopérateur » de justice). Retrouvez ce très instructif reportage avec l’interview du président de Crim’HALT en tant que spécialistes des mafias italiennes :

Crim’HALT dans U Nutiziale

Crim'HALT Nutiziale Corse Matin
Photo association Anticor @Sarah Cantaloube http://sarahcantaloube.com/

U Nutiziale est un magazine mensuel en langue corse du quotidien Corse Matin.

Julian Mattei a interviewé le président de l’association sur la grande criminalité en France et en Corse (cf. Crim’HALT auditionnée par la Commission Violence en Corse)
Voici la version en français datant de fin novembre et qui annonce le salon des Livres et l’alerte. Parue finalement en décembre, l’itv est légèrement modifiée dans sa version papier.
« Per luttà contru u crimine deve diventà attore u citadinu« 
  • Depuis plusieurs mois, on observe une reprise des règlements de compte en Corse. Qu’est-ce que cela dit de l’état du milieu insulaire ? (Recomposition, luttes d’influence…)

Je n’ai pas d’avis sur des périodes aussi courtes. Ce que je sais : pendant 30 ans, il y a eu environ 30 meurtres (20 morts, 10 tentatives) par an presque exclusivement du fait du crime organisé. Le chiffre chute brutalement à partir de 2015 ; l’année d’entrée en vigueur du statut sur les coopérateurs de justice, que l’État appelle maladroitement « collaborateurs ». L’Italie a connu la même chute spectaculaire mais en l’état, cela ne prouve rien.

  • À ce jour, aucun dossier judiciaire connu ne mêle directement un baron du grand banditisme corse avec des responsables politiques de premier plan. Dans ces conditions, peut-on vraiment parler de « mafia » ?

Peut-être parce qu’on ne juge pas les politiques et les gangsters ensemble pour « association mafieuse » ? Nous sommes dans un état de droit. Tant que la mafia n’existera pas dans un tribunal, la mafia n’existera pas en Corse, à Marseille mais aussi à Corbeil-Essonne ou dans les Hauts de Seine…

A contrario de l’Italie : son obligation de l’action pénale, ses procureurs indépendants qui bénéficient d’OPJ libérés de leur ministère de tutelle, la justice pénale française liée à l’exécutif et le principe d’opportunité des poursuites sont un frein majeur à établissement, en France, du lien entre crime organisé et corruption en politique. Un centre, indépendant, de recherche, pourrait aussi faire le connexion entre des faits en apparence distincts : les condamnations de membres du grand banditisme d’un côté et de l’autre les condamnations pour corruption d’un ministre de l’intérieur en 2010, d’une députée en 2016, d’un second ministre de l’intérieur en 2017, d’un ministre des finances et d’un président de département en 2018.

  • En 2012 avec Manuel Valls l’État a prononcé pour la première fois le mot « mafia » en Corse, mais au-delà du pas sémantique qui a été franchi, aucune mesure « antimafia » n’a été prise en Corse…

Un membre d’Anticor en Corse me faisait remarquer lors de la journée sentinelles à Bastia que le président Chirac avait déjà employé dans les média, le mot mafia en Corse. En 2012, j’avais cependant fait un communiqué de presse : « M. le Ministre si c’est de la mafia, il faut des outils antimafias ». La vérité est qu’il aura fallu le meurtre d’un bâtonnier et d’un président de chambre de commerce pour que l’État signe en 2013, avec 10 ans de retard, le décret sur les coopérateurs de justice que la presse nomme à tort des « repentis » (cf. Tribune du Monde du 17/04/2018) .

  • Pourquoi, selon vous, l’Etat n’a-t-il pas mis en place une loi « anti-mafia », comme cela a été le cas en Italie où un plan de lutte a été dédié à cela en 2010 ? Quelles mesures ont d’ailleurs été permises par ce plan ?

En 2010, l’Italie modernise sont « code Antimafia » mais il s’agit en réalité de réformer des lois existantes. En 1992, le rapport d’Aubert que j’ai mis à disposition sur internet préconise pour une loi d’association mafieuse comme en Italie (1982) et on attend toujours… Pourquoi est une bonne question!

  • Depuis mars 2014, pour lutter contre le crime organisé la France s’est dotée d’un dispositif, assez controversé, pour encadrer le statut de repenti. Quels ont été ses effets ?

Nous partons de loin. l’Italie dispose officiellement depuis 1991 de ce très efficace outils de réduction de l’impunité. En 2014, la ministre de la justice, Christiane Taubira a pu signer le décret d’application parce que la France avait enfin mis en place une politique de confiscation avec la création de l’AGRASC. En effet, sans les fonds issus de la confiscation : pas de dispositif de coopérateur de justice! C’est la preuve qu’une politique de lutte contre le crime organisé doit être globale : de la confiscation à implication des citoyens.

Depuis 2015, le dispositif de coopération de justice a été éprouvée dans un procès de meurtre retentissant à Ajaccio et il pourrait résoudre de manière éclaire un récent double meurtre à Bastia. Le dispositif est tellement efficace que l’administration a trouvé le moyen de refuser la protection à Claude Chossat : le premier vrai « repenti » !

  • Malgré la multiplication des affaires criminelles, la société corse ne semble pas s’indigner de cette situation. Comment la population et le monde politique ont-ils réagi en Italie face aux groupes mafieux ?

Elle s’indigne! Elle s’indigne et elle agit par le bais des associations qui font un travail de titan : Anticor contre la corruption, U Levante contre la spéculation immobilière, UMANI contre toutes formes de violence… (cf. Légalité, Antimafia : la Caravane passe…). Elle agit par des politiques d’urbanisme responsables à Centuri ou Lunguizetta. La société corse éclaire par le LIVRE : d’Hélène Constanty à Claude Chossat en passant par Antoine Albertini ; autant de publications présentes au Salon des livres et l’alerte du 16 au 18 novembre prochain à la maison des Métallos à Paris.

  • Que faire pour lutter efficacement contre la mafia et le crime organisé en France ?

Il faudrait que l’Etat fasse son travail : en doublant le budget de la justice… On ne peut même pas obtenir des décisions de justice concernant notre sujet alors qu’elles sont rendues au nom du peuple français!

Un ministre de l’intérieur n’a pas le droit de demander de l’aide aux citoyens ou le droit de parler de la violence enracinée dans la culture d’une île alors que la corruption est présente partout en France (Affaire Cahuzac, fraude à la taxe carbone ect…). Les ministres de l’intérieur feraient mieux d’inciter les préfets à faire respecter les permis de construire !

L’Etat doit écouter la Commission CRIM du Parlement européen et mettre en place un délit association mafieuse, une confiscation sans condamnation pénale du propriétaire et surtout usage social des biens confisqués.

J’insiste, pour lutter efficacement contre un problème culturel, le citoyen doit être acteur. L’unique moyen d’impliquer les citoyens, dans le cadre d’une prérogative régalienne (sécurité/ justice), c’est de mettre à disposition de ces mêms citoyens les biens confisqués par la justice comme cela se fait en Italie depuis 1995. La maison du politique corrompu doit devenir le local de l’association Anticor ou de U Levante. La maison de l’ancien ministre condamné pour évasion fiscale doit devenir une école hôtelière où les jeunes apprennent un métier qui en fera des citoyens libres!

Le monde de l’ESS, Anticor, Crim’HALT y étaient parvenu en 2016 avant que le Conseil Conseil Constitutionnel ne retoque notre amendement. Quand je vous dis que l’Etat ne fait pas son travail…

 

Crim’HALT sur France Culture

Dans les poubelles de l’économie (3/4)

La main invisible des mafias

Naples. Ville magnifique du sud de l’Italie, mais qui souffre d’une terne réputation. Si celle-ci est évidemment liée à la présence d’un réseau mafieux profondément ancré dans le paysage quotidien, c’est sans doute le scandale des ordures qui l’a le plus noircie. C’est au début des années 2000 que le problème du traitement des déchets est apparu à la lumière du jour. Des photographies de rues napolitaines jonchées de détritus ont alors fait la une des journaux et le tour du monde. Mais le défaut de ramassage des poubelles ménagères masquait en fait, un fait bien plus grave : l’enfouissement et l’incinération de déchets industriels, et souvent toxiques, dans ce qui fut alors baptisée la terra dei fuochi, ou terre des feux.

Mais comment cela a-t-il pu arriver et est-ce un cas isolé ? D’où provenaient les déchets ? Qui recourait à la mafia locale pour le  »traitement » des ordures ? Comment le tissu criminel a-t-il pu s’implanter de façon si solide et durable ? Les autorités publiques étaient-elles donc à l’obscur de tout ? Et qu’en est-il aujourd’hui ? Mais surtout : pourquoi la Camorra s’est-elle tant intéressée à ce secteur ?

Retrouvez ici l’intervention du Président de Crim’HALT et de Clotilde Champeyrache dans un podcast passionnant, assemblant analyses politiques et économiques et archives sonores, pour vous plonger au cœur de l’affaire napolitaine : France Culture pour Entendez-vous l’éco? 

Crim’HALT sur « Democratia » : clientélisme & Marseille

On n’entend que rarement parler de crime organisé en France et quand c’est le cas, cela se réfère souvent à des organisations étrangères. A l’exception de Marseille et de ses banlieues, qui sont manifestement confrontées à ce phénomène mafieux connu du grand public.

Le 2 octobre dernier, Anna Francesca Leccia a lancé Democratia, magazine de géopolitique et d’histoire en Méditerranée. Pour le premier numéro, elle décide justement de se pencher sur la ville de Marseille et la criminalité qu’elle abrite. L’angle d’attaque choisi est « Marseille, les poli

tiques et la pègre ». Dans un premier temps est alors présenté le documentaire « Marseille, les eaux troubles de la Libération ».

Le second temps est dédié au débat auquel était invité Fabrice Rizzoli, co-fondateur et Président de Crim’HALT, dans le musée Fesch d’Ajaccio, afin d’aborder la question des liens qui existent entre les organisations mafieuses et les politiques.

Retrouvez Democratia ici :

Crim’HALT s’engage en faveur de la liberté et la transparence

Le mois dernier, notre association a signé cette pétition (à lire ici) adressée au Président de la République et ayant comme objectif de demander la défense de l’intérêt général et du droit à l’information en « restreignant le champ d’application du secret des affaires aux seuls acteurs économiques concurrentiels ».

Discrète et expresse, la « loi sur la protection des savoir-faire et des informations commerciales non divulgués contre l’obtention, l’utilisation et la divulgation illicites » (dite « secret des affaires ») a été déposée et adoptée à l’Assemblée Nationale sans aucun débat public et en procédure accélérée.

Dans cet appel, nous reconnaissons que la protection des secrets de fabrication, de l’innovation et de la propriété intellectuelle est bien nécessaire. Cependant, cela ne doit pas entraîner une remise en cause des libertés fondamentales, ou une restriction de la liberté de circulation des personnes et des idées. La loi sur le secret des affaires concerne des informations d’intérêt général telles que les pratiques fiscales des entreprises, l’impact de leurs activités et de leurs produits sur la santé et l’environnement.

Informer n’est pas un délit. L’intérêt général doit prévaloir sur les intérêts privés.

Crim’HALT dans « Un jour dans le monde » France Inter

 

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Fabrice Rizzoli, président de Crim’HALT, est l’invité de Fabienne Sintes dans l’émission Un jour dans le monde du 13 mars 2018 sur France Inter.

Retour sur une mafia qui s’exporte, entre blanchiment d’argent, coopération criminelle et corruption.

Retrouvez l’interview en intégralité sur France Inter

 

Crim’HALT dans les Inrocks sur l’implantation de la mafia en Slovaquie

Le 25 février dernier, les corps sans vie du journaliste slovaque Jan Kuciak et de sa compagne Martina Kursinova sont retrouvés à leur domicile. Tout deux ont été assassinés par balles. Le journaliste enquêtait sur des affaires de corruption au sommet de l’Etat.

Suite à ce double meurtre, c’est tout un pays qui a décide de se soulever contre les pratiques peu scrupuleuses de son gouvernement, soupçonné d’être en lien avec la mafia italienne la Ndrangheta.

Le 8 mars dernier, ce sont donc plus de 30 000 slovaques qui se sont réunis à Bratislava pour dénoncer la corruption et réclamer la démission du premier ministre Robert Fico.

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Manifestation anti-corruption à Bratislava, 08/03/2018

L’assassinat du journaliste, en plus de bouleverser la classe politique et la société civile slovaque, soulève la question plus globale de l’influence des mafias au sein du pouvoir public. C’est dans un entretien pour les Inrocks que Fabrice Rizzoli, président de Crim’HALT, est revenu sur l’implantation de la mafia calabraise en Slovaquie.

Avec un chiffre d’affaire estimé à plus de 53 milliards d’euros, la Ndrangheta s’impose comme la mafia la plus puissante et la plus riche d’Italie. N’agissant pas uniquement au sein du territoire national, la Ndrangheta s’exporte au delà des frontières italiennes. Sa présence en Slovaquie remonterait aux années 90.

Face aux gouvernements corrompus influencés par les groupes criminels, la société civile apparaît comme le dernier espoir dans l’établissement d’une classe politique plus juste et transparente.

Ainsi, Fabrice Rizzoli déclare à juste titre : « Pour changer les lois, il faut changer les mentalités« .

Retrouvez l’article en entier sur les Inrocks https://www.lesinrocks.com/2018/03/10/actualite/la-mafia-italienne-t-elle-pris-le-pouvoir-en-slovaquie-111053838/

 

 

 

 

 

 

 

 

Géopolitique et mafia en Italie : entretien avec Fabrice Rizzoli sur CNews

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Fabrice Rizzoli sur CNews, l’Actu à la carte, 04/03/2018

 

En période de législatives italiennes, Fabrice Rizzoli, président de Crim’HALT, fut l’invité d’Harold Hyman pour débattre de la situation politique italienne et de ses enjeux.

Interrogé aux côtés de Matteo Ghisalberti, journaliste indépendant italien, tout deux sont revenus sur les représentations du paysage politique italien.

Entre influence de la mafia, mouvements autonomistes et action des pouvoirs publics Fabrice Rizzoli nous livre ici un état des lieux de la géopolitique italienne actuelle.

Le président de l’association en profite pour montrer deux exemples d’une autre Italie, celle des coopératives sur les terres de la mafia. Ici l’huile d’olive bio de la coopérative Valle del Marro à Polistena et la confiture de mandarine de la coopérative GOEL sur la côté ionienne.