FLARE France demande un statut de coopérateur de justice en France

Si Crim’HALT a vu le jour en 2015, la lutte pour la reconnaissance du statut de coopérateur de justice en France est bien plus ancienne. Avant Crim’HALT, c’est avec FLARE France que ce combat était mené.

Revenir sur ce statut est aussi l’occasion pour Crim’HALT d’apporter son soutien à Claude Chossat, « repenti » et ancien membre du gang de la Brise de Mer qui comparaîtra devant la justice du 28 octobre au 8 novembre 2019.

Voici donc 3 articles qui permettent de revenir sur le statut de coopérateur de justice, l’importance de sa reconnaissance et surtout sur la notion même de coopérateur… Quelle(s) différence(s) entre ce terme et celui de repenti ?

Avec Fabrice Rizzoli

Le texte de loi existe, il faut juste signer le décret d’application mais voilà pour des prétextes fallacieux de coût, on attend depuis 2003 . Il faut dire que le « repenti » a mauvaise presse.

Inventé par les journalistes transalpins, le mot « repenti » à connotation religieuse n’a aucun sens dans la lutte contre le crime organisé. Les repentis cela n’existe pas. Il n’y a que des professionnels du crime qui font le choix rationnel de quitter une criminalité systémique en choisissant la vie et la citoyenneté ; ce qui implique d’en accepter toutes les contradictions et les nombreuses injustices. En Italie, on nomme les mafieux qui sorte de la mafia des collaborateurs de justice mais en France, il faudra les nommer « coopérateur de justice ». En France, à peine le mot « collaboration » prononcé que vous avez déjà perdu la bataille des idées…  Il n’y a qu’a voir les propos de M. Vallini, pourtant fin connaisseur de la justice, qui parle de « prime à la délation »

Alors qu’en est-il réellement?

La coopération des gangsters : l’unique moyen de connaître le monde du dessous « underworld »

Il est impossible de connaître pleinement un phénomène clandestin et donc de lutter efficacement contre celui-ci sans information venant de l’intérieur. La participation aux procès de membres des clans corses ou de France constituerait un éclairage scientifique sur « l’entre-deux monde » français encore méconnu et fantasmé. C’est grâce aux témoignage des mafieux italiens que l’on connaît bien la mafia italienne à contrario d’autres mafias en particulier chinoise. Sans ce système, on aurait jamais résolu le meurtre d’une française de Clermont-Ferrand.

Un statut réellement protecteur contre une coopération entière

De nombreux pays ont des systèmes de coopérateur de justice mais en Italie, il a permis depuis 1991 de sortir environ 3 000 mafieux du système (sur 20 000 mafieux). En 1996, le service de protection de la police protégeait jusqu’à 5 000 personnes !  A ce jour, aucun de ces protégés de l’Etat n’a été assassiné mais gare à celui qui en sort… Enfin, il n’y a que 5% de rechute.

Le statut doit protéger le gangster et sa famille. Le « voyou », après une condamnation, a le droit de vivre en sécurité c’est-à-dire sous une autre identité pour un temps indéterminé si les menaces sont établies comme c’est le cas en Corse. En échange, le gangster doit démontrer qu’il a tourné le dos à son ancienne vie, ce qui implique de TOUT raconter et témoigner à tous les procès. Un statut qui prévoit un témoignage sur une affaire contre une remise de peine n’est un pas un statut de coopérateur de justice mais un vulgaire plea bargain.

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La restauration de l’Etat de droit

En Corse, les 30 homicides, tentatives incluses, sont une honte républicaine. Assurer la sécurité des gangsters et de leur famille restaure l’image de l’Etat de droit et incite les populations à lui faire confiance.

C’est pourquoi l’Etat doit de manière urgente mettre en place un statut de protection des témoins pour les victimes de racket et autres. Protéger les anciens gangsters c’est bien, protéger les innocents c’est encore mieux.

Enfin, comme le demande la commission européenne contre le crime organiséce statut doit être accompagné d‘un délit d’association mafieuse, d’une confiscation administrative préventive et d’une loi de réutilisation à des fins sociales des biens mal acquis

Sans parler de l’indépendance des procureurs. Décidément, la France est très a des progrès à faire.

– 11 septembre 2012 –

Le décret sur les « coopérateurs de justice » enfin signé?

Le gouvernement va signer le décret sur les « coopérateurs » de justice. Libération
Attention, ne pas employer terme « repentis ». Les repentis n’existent pas. On est pas à l’Eglise! 
Attention à ne pas utiliser le terme de « collaborateur » de justice car l’emploie du mot « collaboration » en France fait perdre la bataille des idées. 
Il faudra dire « coopérateur » de justice si on veut faire accepter ce dispositif qui comporte trois avantages majeurs : 
1. Une meilleure connaissance d’un phénomène clandestin. Or, ne ne combat que ce qu’on connaît. 
2. La réduction de l’impunité face au crime de sang commis par des professionnel. Pas de témoignages de sicaires : pas de règlements de compte résolus. 
3. Le renforcement de l’Etat de droit qui va protéger des criminels professionnels en rupture avec leur milieu et promis à une mort certaine. Si la vie d’un homme à de la valeur. l’Etat de droit se doit de protéger tout citoyen (et sa famille) qui décide de respecter les règles communes sous certaines conditions. 
Il faudra aussi créer un statut pour les témoins innocents et la réutilisation sociale des biens confisqués. 
Sans l’implication de la société civile, la lutte contre le crime organisé est voué à l’échec

Les biens des trafiquants doivent être confisqués et redistribués à la société civile pour devenir un centre culturel, une école de la seconde chance ou centre de soin pour toxicomanes
Contre les biens mal acquis : la réutilisation des biens confisqués ou Contre le crime organisé : pour une confiscation-redistribution

– 13 septembre 2013 – 

France 24 : pas de lutte contre le crime organisé sans témoins

Le gouvernement a signé le décret sur les « coopérateurs » de justice. France 24 revient sur l’exemple italien : Pas de témoin : pas de lutte anti-mafia
Attention, ne pas employer terme « repentis ». Les repentis n’existent pas. On est pas à l’Eglise!
Attention à ne pas utiliser le terme de « collaborateur » de justice car l’emploi du mot « collaboration » en France fait perdre la bataille des idées.
Il faudra dire « coopérateur » de justice si on veut faire accepter ce dispositif qui comporte trois avantages majeurs :
1. Une meilleure connaissance d’un phénomène clandestin. Or, ne ne combat que ce qu’on connaît.
2. La réduction de l’impunité face au crime de sang commis par des professionnel. Pas de témoignages de sicaires : pas de règlements de compte résolus.
3. Le renforcement de l’Etat de droit qui va protéger des criminels professionnels en rupture avec leur milieu et promis à une mort certaine. Si la vie d’un homme à de la valeur. l’Etat de droit se doit de protéger tout citoyen (et sa famille) qui décide de respecter les règles communes sous certaines conditions.
En Italie, la mise en place d’un statut de « collaborateur de justice » a donné des résultats exceptionnels avec 3 000 mafieux sorti du système de 1991 à nos jours.
Il faudra aussi créer un statut pour les témoins innocents et la réutilisation sociale des biens confisqués. Sans l’implication de la société civile, la lutte contre le crime organisé est voué à l’échec
– 13 février 2014 – 

« Banalisation de la violence » : Crim’HALT donne la parole

Crim’HALT a choisi de donner la parole à un jeune étudiant en géopolitique qui s’insurge contre la multiplication des programmes télévisés liés au crime. Les émissions sur la criminalité en général et la grande criminalité ne sont pas à mettre sur le même plan mais elle sont liées par un thème commun : la violence. Comme la violence est la principale ressource des toutes les organisations criminelles, nous pouvons ici lier les deux types de programmes : émissions sur le crime et fictions sur les organisations criminelles. Lire la suite

Meudon-Brancaccio : jumelage de la légalité et de l’espoir

« Vous avez libéré une parole »

Le 19 mai 2011, des élèves de 6ème du collège Saint-Exupéry de Meudon ont expérimenté le projet pédagogique BRANCACCIO (cf. Une BD pour comprendre le phénomène mafieux.) Lire la suite

Lobbying antimafia à Bruxelles

Capture d’écran 2019-07-29 à 14.43.58.pngLe mardi 1er décembre 2009, le groupe FLARE (Freedom, Legality and Rights in Europe),  organisait une manifestation devant le Conseil des ministres de l’Union européenne à Bruxelles. FLARE est le premier réseau (issu de la société civile) contre le crime organisé  transnational.

La présence de FLARE dans la « capitale » de l’Union avait pour but de convaincre les ministres de la justice des 27 pays de l’Union réunis en Conseil que les fonds confisqués au crime organisé doivent être utilisés à des fins sociales. Ce dispositif législatif utilisé en Italie donne des résultats encourageants (cf. De la saisie à la confiscation; de la mafia à l’Etat?). Par exemple, la maison confisquée au chef de la mafia sicilienne, Salvatore Riina (cf. Leçon de communication mafieuse par Toto Riina) est aujourd’hui un centre culturel. De point de vue criminologique, ce procédé est très efficace parce qu’il prive les mafieux de consensus social (cf. Les ‘ndrines et le consensus social).

Dans la rue, les militants ont joué à CONFISCOPOLIS, un jeu de société avec lequel on confisque des biens mal acquis.

Comme les photos en témoignent, la manifestation (autorisée par les autorités) fut une réussite et ce en dépit d’une première intervention de la police qui nous a fait  remballer. Le magistrat Luigi de Magistris nouvellement élu député européen, les médias, la police… et surtout le commissaire Jacques Barrot ont entendu le message. Ce dernier en particulier s’est déclaré favorable à la réutilisation des biens confisqués au crime organisé à des fins sociales (cf. déclaration)

                    Capture d’écran 2019-07-29 à 14.47.59.png              Capture d’écran 2019-07-29 à 14.48.00.pngConfiscopolis
Le quartier général avait autorisé la manifestation jusqu’à 15h mais sur le terrain, les agents de police avaient un ordre de mission qui indiquait 13h. Il aura fallu l’intervention d’un officier de la police des renseignements généraux pour recommencer la manifestation.

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Le député Luigi De Magistris

Capture d’écran 2019-07-29 à 14.44.01.png                    Capture d’écran 2019-07-29 à 14.49.57.png

Boite noire du militantisme

Article publié en décembre 2009 sur le site de FLARE France aujourd’hui figé. Crim’HALT étant la continuité du projet FLARE, nous hébergeons certains anciens articles pour les préserver d’une mort certaine 🙂