« repenti » : un reportage sur la coopération avec la justice en France

Dans le cadre de l’émission Ghjustizia sur Via stella (France3 Corse), la journaliste Marie Françoise Stifani produit un sujet sur le la coopération d’anciens gangsters avec la justice française (cf. Tribune de Crim’HALT au Monde : réflexions autour du statut de « coopérateur » de justice). Retrouvez ce très instructif reportage avec l’interview du président de Crim’HALT en tant que spécialistes des mafias italiennes :

Crim’HALT dans U Nutiziale

U Nutiziale est un magazine mensuel en langue corse du quotidien Corse Matin.
Julian Mattei a interviewé le président de l’association sur la grande criminalité en France et en Corse (cf. Crim’HALT auditionnée par la Commission Violence en Corse)
Voici la version en français datant de fin novembre et qui annonce le salon des Livres et l’alerte. Parue finalement en décembre, l’itv est légèrement modifiée dans sa version papier.
« Per luttà contru u crimine deve diventà attore u citadinu« 
  • Depuis plusieurs mois, on observe une reprise des règlements de compte en Corse. Qu’est-ce que cela dit de l’état du milieu insulaire ? (Recomposition, luttes d’influence…)

Je n’ai pas d’avis sur des périodes aussi courtes. Ce que je sais : pendant 30 ans, il y a eu environ 30 meurtres (20 morts, 10 tentatives) par an presque exclusivement du fait du crime organisé. Le chiffre chute brutalement à partir de 2015 ; l’année d’entrée en vigueur du statut sur les coopérateurs de justice, que l’État appelle maladroitement « collaborateurs ». L’Italie a connu la même chute spectaculaire mais en l’état, cela ne prouve rien.

  • À ce jour, aucun dossier judiciaire connu ne mêle directement un baron du grand banditisme corse avec des responsables politiques de premier plan. Dans ces conditions, peut-on vraiment parler de « mafia » ?

Peut-être parce qu’on ne juge pas les politiques et les gangsters ensemble pour « association mafieuse » ? Nous sommes dans un état de droit. Tant que la mafia n’existera pas dans un tribunal, la mafia n’existera pas en Corse, à Marseille mais aussi à Corbeil-Essonne ou dans les Hauts de Seine…

A contrario de l’Italie : son obligation de l’action pénale, ses procureurs indépendants qui bénéficient d’OPJ libérés de leur ministère de tutelle, la justice pénale française liée à l’exécutif et le principe d’opportunité des poursuites sont un frein majeur à établissement, en France, du lien entre crime organisé et corruption en politique. Un centre, indépendant, de recherche, pourrait aussi faire le connexion entre des faits en apparence distincts : les condamnations de membres du grand banditisme d’un côté et de l’autre les condamnations pour corruption d’un ministre de l’intérieur en 2010, d’une députée en 2016, d’un second ministre de l’intérieur en 2017, d’un ministre des finances et d’un président de département en 2018.

  • En 2012 avec Manuel Valls l’État a prononcé pour la première fois le mot « mafia » en Corse, mais au-delà du pas sémantique qui a été franchi, aucune mesure « antimafia » n’a été prise en Corse…

Un membre d’Anticor en Corse me faisait remarquer lors de la journée sentinelles à Bastia que le président Chirac avait déjà employé dans les média, le mot mafia en Corse. En 2012, j’avais cependant fait un communiqué de presse : « M. le Ministre si c’est de la mafia, il faut des outils antimafias ». La vérité est qu’il aura fallu le meurtre d’un bâtonnier et d’un président de chambre de commerce pour que l’État signe en 2013, avec 10 ans de retard, le décret sur les coopérateurs de justice que la presse nomme à tort des « repentis » (cf. Tribune du Monde du 17/04/2018) .

  • Pourquoi, selon vous, l’Etat n’a-t-il pas mis en place une loi « anti-mafia », comme cela a été le cas en Italie où un plan de lutte a été dédié à cela en 2010 ? Quelles mesures ont d’ailleurs été permises par ce plan ?

En 2010, l’Italie modernise sont « code Antimafia » mais il s’agit en réalité de réformer des lois existantes. En 1992, le rapport d’Aubert que j’ai mis à disposition sur internet préconise pour une loi d’association mafieuse comme en Italie (1982) et on attend toujours… Pourquoi est une bonne question!

  • Depuis mars 2014, pour lutter contre le crime organisé la France s’est dotée d’un dispositif, assez controversé, pour encadrer le statut de repenti. Quels ont été ses effets ?

Nous partons de loin. l’Italie dispose officiellement depuis 1991 de ce très efficace outils de réduction de l’impunité. En 2014, la ministre de la justice, Christiane Taubira a pu signer le décret d’application parce que la France avait enfin mis en place une politique de confiscation avec la création de l’AGRASC. En effet, sans les fonds issus de la confiscation : pas de dispositif de coopérateur de justice! C’est la preuve qu’une politique de lutte contre le crime organisé doit être globale : de la confiscation à implication des citoyens.

Depuis 2015, le dispositif de coopération de justice a été éprouvée dans un procès de meurtre retentissant à Ajaccio et il pourrait résoudre de manière éclaire un récent double meurtre à Bastia. Le dispositif est tellement efficace que l’administration a trouvé le moyen de refuser la protection à Claude Chossat : le premier vrai « repenti » !

  • Malgré la multiplication des affaires criminelles, la société corse ne semble pas s’indigner de cette situation. Comment la population et le monde politique ont-ils réagi en Italie face aux groupes mafieux ?

Elle s’indigne! Elle s’indigne et elle agit par le bais des associations qui font un travail de titan : Anticor contre la corruption, U Levante contre la spéculation immobilière, UMANI contre toutes formes de violence… (cf. Légalité, Antimafia : la Caravane passe…). Elle agit par des politiques d’urbanisme responsables à Centuri ou Lunguizetta. La société corse éclaire par le LIVRE : d’Hélène Constanty à Claude Chossat en passant par Antoine Albertini ; autant de publications présentes au salon des livres et l’alerte du 16 au 18 novembre prochain à la maison des Métallos à Paris.

  • Que faire pour lutter efficacement contre la mafia et le crime organisé en France ?

Il faudrait que l’Etat fasse son travail : en doublant le budget de la justice… On ne peut même pas obtenir des décisions de justice concernant notre sujet alors qu’elles sont rendues au nom du peuple français!

Un ministre de l’intérieur n’a pas le droit de demander de l’aide aux citoyens ou le droit de parler de la violence enracinée dans la culture d’une île alors que la corruption est présente partout en France (Affaire Cahuzac, fraude à la taxe carbone ect…). Les ministres de l’intérieur feraient mieux d’inciter les préfets à faire respecter les permis de construire !

L’Etat doit écouter la Commission CRIM du Parlement européen et mettre en place un délit association mafieuse, une confiscation sans condamnation pénale du propriétaire et surtout usage social des biens confisqués.

J’insiste, pour lutter efficacement contre un problème culturel, le citoyen doit être acteur. L’unique moyen de le faite dans le cadre d’une prérogative régalienne (sécurité/ justice), c’est de mettre à disposition des citoyens les biens confisqués par la justice comme cela se fait en Italie depuis 1995. La maison du politique corrompu doit devenir le local de l’association Anticor ou de U Levante. La maison de l’ancien ministre condamné pour évasion fiscale doit devenir une école hôtelière où les jeunes apprennent un métier qui en fera des citoyens libres!

Le monde de l’ESS, Anticor, Crim’HALT y étaient parvenu en 2016 avant que le Conseil Conseil Constitutionnel ne retoque notre amendement. Quand je vous dis que l’Etat ne fait pas son travail…

 

Crim’HALT à la nuit des idées Marseille

Lanceurs d'alerte - copie 2Dans la foulée du 3ème salon des livres et l’alerte, et à l’invitation de MarseilleenCommun, Crim’HALT s’est rendu au Forum des lanceurs d’alerte au Mucem de à Marseille.

Crim’HALT défend le « lancement de l’alerte » comme le fait de pouvoir signaler, en responsabilité, une information d’intérêt général. Depuis la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789, la liberté d’expression est érigée en principe de base dans notre République. De facto, chaque citoyen doit pouvoir livrer une information sans craindre des représailles.

Ainsi, Renaud Muselier Président du conseil régional de Provence-Alpes-Côte d’Azur a coutume de lancer l’alerte sur le mandat politique « politico-mafieux » (citation dans la Provence le 25/01/2018) de M . Guerini, sénateur et ancien président du Conseil départemental. Problème? M. Guerini n’est toujours pas jugé pour prise illégale d’intérêts, trafic d’influence et association de malfaiteurs… On attend son procès depuis 5 ans! M. Guerini est donc innocent et il ne s’agit plus d’une alerte mais peut-être de diffamation. En outre, tant que la mafia ne sera pas prouvée dans l’enceinte d’un tribunal, la mafia n’existera pas en France, état de droit. C’est pourquoi « lancer l’alerte » en matière de grande criminalité revient à demander pourquoi tous les gouvernements qui se sont succèdés n’ont pas mis en place un délit d‘association mafieuse en France?

Le délit d’association mafieuse est préconisé, depuis 1992, par la Commission parlementaire d’information sur mes moyens de lutte contre les tentative de pénétration de la mafia en France (un document parlementaire mis à disposition du public sur internet par FLARE ancêtre de Crim’HALT).

Le délit d’association mafieuse est conseillé aux Etats membres, en 2013, par la Commission CRIM du Parlement Européen.

Lors de la table ronde sur « Alerter pour agir », rebondissant sur cette énième alerte de M. Muselier par voie de presse, le président de CrimHALT propose des solutions pour mieux lutter contre la grande criminalité et revient sur un dispositif révolutionnaire : l’usage social des biens confisqués (cf. Communiqué de presse : les biens confisqués échappent à la société civile !)

Le Président s’est déplacé avec du jus de fruits siciliens bios faits par des coopératives sur des terres confisquées à la mafia ; de la marque Libera Terra cf. Crim’HALT avec la coopérative Valle del Marro).

L’idée serait que la maison du corrompu marseillais deviennent la maison des Lanceurs d’alerte à Marseille!

Retrouvez l’intervention du président dans cet extrait vidéo

Retrouvez la vidéo et le programme très riche de cette nuit des idées.

Forum des lanceurs d’alertes

Nuit des idées

Rencontres-débats/Conférences

En anglais, on les appelle whistleblowers : en « soufflant dans le sifflet », une personne ou un groupe alerte l’opinion sur une menace sociale, sanitaire, démocratique ou environnementale. Leur point commun : prendre la parole quand les autres se taisent. Des hommes, des femmes qui prennent un jour le risque de sacrifier leur carrière, leur confort, leur vie privée, pour dénoncer ce qui leur semble injuste, au nom de l’intérêt général.

Dans le cadre de la Nuit des idées, le Mucem et le collectif citoyen « Marseille en commun » proposent une série de rencontres en présence de lanceuses et lanceurs d’alerte, d’organisations de lutte contre la corruption et l’opacité, de journalistes et de personnalités venus d’Europe et de Méditerranée. Qui sont les lanceurs d’alertes ? Quels sont leurs différents modes d’actions ? Quel soutiens et relais trouvent-ils dans la société civile ? Quels types de protection juridique peuvent-ils revendiquer ? Lanceurs d’alertes : mode d’emploi.

Co-organisation du collectif citoyen « Marseille en commun ».

Revoir le live de la soirée Interview Edward Snowden


Plénière d’ouverture : Galerie de délivreurs d’alertes


18h30

Introduction : Ariane Ascaride (comédienne) – sous réserve

Avec Barbara Allen (directrice scientifique de Fos Epseal), Raymond Avrillier (lanceur d’alerte de la gestion de l’eau à Grenoble), Thomas Dietrich (ex-secrétaire général démissionnaire de la Conférence Nationale de Santé), Daniel Ibanez (lanceur d’alerte contre le projet de liaison ferroviaire Lyon-Turin), Jean-Luc Touly (ex-salarié de Véolia, animateur du FRICC), Olivier Dubuquoy (géographe, lanceur d’alerte sur les boues rouges), Pierre-Alain Mannoni (association Roya citoyenne, condamné pour délit de solidarité avec les migrants), Karim B. (transporteur routier, lanceur d’alerte sur les produits toxiques déversés sur un site d’ArcelorMittal).

Animation : François Pécqueur (co-initiateur du mouvement citoyen participatif La Belle Démocratie).

En trois minutes chacun, des lanceurs d’alerte étant intervenus dans différents domaines (sanitaire, environnemental, démocratique, etc.) racontent ce qui les a poussés à prendre la parole pour révéler des faits qu’ils jugeaient contraire à l’intérêt général. De quelle façon ont-ils agi ? Quels obstacles ont-ils rencontrés ? Cette table ronde mettra par ailleurs en exergue le déficit d’encadrement juridique autour des lanceurs d’alertes.

Barbara Allen
Raymond Avrillier
Thomas Dietrich
Daniel Ibanez
Jean-Luc Touly
Olivier Dubuquoy
Pierre-Alain Mannoni
Karim B.

Table ronde 1 : Alerter pour agir


19h30

Avec : Edward Snowden (via skype), Fabrice Rizzoli (professeur à Sciences Po Paris, président fondateur de Crim’HALT), Eric Alt (Anticor), Martin Pigeon (chercheur à l’Observatoire européen des lobbys – CEO), Henri Thulliez (Plateforme de protection des lanceurs d’alerte en Afrique), Michèle Rivasi (eurodéputée, co-fondatrice de la CRIIRAD).

Animation : Hervé Kempf (journaliste, fondateur de Reporterre).

Si les cas et les modalités du lancement d’alerte présentent une grande variété de situations, le lanceur espère toujours trouver le soutien de corps intermédiaires et de médias afin de sensibiliser l’opinion publique. Anonymat des révélations, fausses accusations, mesures provisoires afin d’empêcher les représailles jusqu’à l’issue officielle d’une procédure administrative ou judiciaire… Cette table ronde aborde aussi la question du soutien officiel de l’alerte.

Edward Snowden
Eric Alt
Michèle Rivasi
Hervé Kempf

Table ronde 2 : Du bon rôle des médias dans l’alerte


21h

Avec des journalistes de Marsactu, Mediapart, Le Lanceur, le Ravi, Reporterre et Olivier-Jourdan Roulot (journaliste indépendant).

Animation : Caroline Chaumet-Delattre (Lanceurs d’alerte / Passeur d’alertes).

La liberté de la presse et la protection des sources doit être intégrée à la protection des lanceurs d’alerte. Si les médias ont un rôle clé dans la révélation des scandales, ils peuvent aussi s’avérer être une arme à double tranchant qui parfois, au lieu de protéger les lanceurs d’alerte, les isolent encore plus. Cette table ronde réunit différents médias spécialisés dans l’investigation et la défense des lanceurs d’alerte afin d’évoquer leurs méthodes de travail ainsi que les questions relatives à la protection des sources et au secret d’affaires.


Table ronde 3 : La protection juridique des lanceurs d’alertes. Etat des lieux et revendications


22h30

Avec : Nicole-Marie Meyer (lanceuse d’alerte, Transparency France), Enrico Ceci (lanceur d’alerte, fédération internationale des lanceurs d’alerte – sous réserve), Glen Millot (Sciences citoyennes), Virginie Rozière (députée européenne, auteure du rapport d’initiative voté par le Parlement européen « Mesures légitimes visant à protéger les lanceurs d’alerte qui agissent au nom de l’intérêt public »).

Animation : Daniel Ibanez (auteur de Lyon-Turin, les réseaux déraillent et fondateur du Salon « des livres et l’alerte »).

La définition juridique des lanceurs d’alerte est souvent trop restrictive ; leur protection juridique doit être basée sur l’information révélée. Cette table ronde questionne notamment la « procédure » à respecter par le lanceur d’alerte afin d’être considéré comme tel : peut-il divulguer l’information directement aux médias avant de passer par la case interne ou institutionnelle ? La question de l’inversement de la charge de la preuve en cas de litige entre l’entreprise et l’employé est aussi au cœur des problématiques liées à la protection du lanceur.

Nicole-Marie Meyer
Enrico Ceci
Glen Millot
Virginie Rozière

Espace Agora


18h-minuit – Forum, librairie et projection

Entre forum associatif (avec stands et tables de presse), librairie (avec dédicaces des auteurs intervenants en soirée), buvette et petite restauration, l’Espace Agora propose la projection en continu du web-documentaire de Moran Kerinec Lancer l’alerte, ainsi que de courts portraits de lanceurs d’alerte réalisés par Caroline Chaumet-Delattre (Passeur d’alertes).


L’atelier du lanceur


19h-minuit

Sous garantie d’anonymat, cet atelier vous invite à partager, avec des « experts » de l’alerte, des faits qui vous paraissent contrevenir à l’intérêt général et d’envisager des modes d’action appropriés. Chaque session (1 heure) est limitée à 10 participants (inscriptions à : lanceurdalertemucem@gmail.com).

 

Journée mondiale contre la corruption 2018

Journée mondiale contre la corruption

Que les biens des mal acquis reviennent aux citoyens!

En cette journée mondiale de la lutte contre la corruption : Anticor, DeMains Libres & Crim’HALT comme alternative, rappellent la nécessité de redistribuer à des fins sociales et solidaires les biens confisqués par la justice, notamment à la grande criminalité et aux corrompus. Cette mesure, appliquée depuis 1996 en Italie, permet de réinvestir des biens mal acquis en les transformant en biens d’intérêt général à destination du monde associatif (associations d’insertion, d’éducation populaire, environnementales). Ce dispositif a profondément changé la vie des citoyens face à l’influence de la grande criminalité et créé des milliers d’emplois dans l’économie sociale et solidaire.

Nous nous félicitons que l’Assemblée Nationale se soit pour la seconde fois emparée de ce combat révolutionnaire … sans réussite pour le moment.  

Une première tentative avait permis d’inclure cette proposition dans la loi Egalité et Citoyenneté en 2017. Elle fut déboutée par le Conseil Constitutionnel pour cause de cavalier législatif.

Fin novembre 2018, Madame la députée Sarah El Hairy n’est pas parvenue à faire examiner par l’Assemblée Nationale sa proposition de Loi visant à améliorer la trésorerie des associations (article 4).

Nous pensons qu’il est urgent d’agir afin que les biens confisqués aux corrompus, aux évadés fiscaux et aux trafiquants soient mis à disposition des associations d’intérêt général ou des collectivités territoriales, ainsi que le recommandent la Commission du Parlement européen CRIM (2013), et les directives européennes.

Pour rappel

2017: Opération « Guéant rends l’appartement »

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Crim’HALT sur France Culture

Dans les poubelles de l’économie (3/4)

La main invisible des mafias

Naples. Ville magnifique du sud de l’Italie, mais qui souffre d’une terne réputation. Si celle-ci est évidemment liée à la présence d’un réseau mafieux profondément ancré dans le paysage quotidien, c’est sans doute le scandale des ordures qui l’a le plus noircie. C’est au début des années 2000 que le problème du traitement des déchets est apparu à la lumière du jour. Des photographies de rues napolitaines jonchées de détritus ont alors fait la une des journaux et le tour du monde. Mais le défaut de ramassage des poubelles ménagères masquait en fait, un fait bien plus grave : l’enfouissement et l’incinération de déchets industriels, et souvent toxiques, dans ce qui fut alors baptisée la terra dei fuochi, ou terre des feux.

Mais comment cela a-t-il pu arriver et est-ce un cas isolé ? D’où provenaient les déchets ? Qui recourait à la mafia locale pour le  »traitement » des ordures ? Comment le tissu criminel a-t-il pu s’implanter de façon si solide et durable ? Les autorités publiques étaient-elles donc à l’obscur de tout ? Et qu’en est-il aujourd’hui ? Mais surtout : pourquoi la Camorra s’est-elle tant intéressée à ce secteur ?

Retrouvez ici l’intervention du Président de Crim’HALT et de Clotilde Champeyrache dans un podcast passionnant, assemblant analyses politiques et économiques et archives sonores, pour vous plonger au cœur de l’affaire napolitaine : France Culture pour Entendez-vous l’éco? 

Conférence à Plougastel : « La mafia, l’Europe et le terrorisme »

 Les élections européennes approchant à grands pas, des questions et des doutes sur la sécurité en Europe émergent légitimement. Comment a évolué le phénomène mafieux au sein de l’Union au cours des dernières années ? Celle-ci constitue-t-elle un rempart contre la criminalité organisée ou lui permet-elle, au contraire, une plus grande liberté d’action ? Et quel impact ont eu la crise migratoire et la politique communautaire qui en a découlé sur les réseaux criminels ?

Annoncé dans le Télégramme

Un ensemble de questions intéressantes et complexes, traité lors de la conférence « La mafia, l’Europe et le terrorisme » qui s’est tenue le 17 octobre dernier à Plougastel, à l’initiative d’Il Gattopardo, comité de jumelage avec Ciminna. Fabrice Rizzoli, spécialiste de la grande criminalité, a eu l’honneur d’en être l’invité principal.

Plougastel

Le retour sur la conférence ici :

A l’issue de la conférence, Fabrice Rizzoli à offert à son hôte, Antonio Ciminna, de la confiture d’orange bio faite par des coopératives sur des terres confisquées à la mafia, comptant parmi les nombreux aliments antimafia produits par Libera Terra cf. Crim’HALT avec la coopérative Valle del Marro)

La lutte continue! (cf. Communiqué de presse : les biens confisqués échappent à la société civile !)

 

 

Crim’HALT avec la coopérative Valle del Marro

Crim’HALT apporte tout son soutien à la Coopérative Valle del Marro (située en Calabre, Italie) victime d’une attaque visant à intimider ceux qui travaillent sur des terres confisquées aux mafieux.

La Valle del Marro exploite plusieurs terrains confisqués, par la justice italienne, à des groupes criminels  (appartenant à la ‘ndrangheta)

Dans la nuit du 2 au 3 avril dernier, 200 plants de Kiwi ont été arrachés! C’est le 4ème attentat contre cette entreprise agricole après un incendie et des moyens de production et arrachage de centaine d’oliviers centenaires en 2006 (valeur 600 000 euros…).

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Le président de la coopérative devant des étudiants

Nous faisons notre les mots du vice-président de la coopérative Antonio Napoli : « Les principaux perdants de cet acte odieux sont les criminels eux-mêmes. […] Nous souhaitons continuer à combattre la ’ndrangheta en repartant d’un développement économique sain, qui puisse porter ses fruits à l’ensemble des habitants de la plaine de Goia Tauro ». Cf.  Il fatto

Pour découvrir comment fonctionne la Coopérative Valle del Marro, retrouvez un très bon papier  ici

Retrouvez aussi notre vidéo du 9 décembre, journée mondiale de lutte contre la corruption avec des photos de la coopérative Valle del Marro comme cas d’école de l’utilisation des biens confisqués à la fin de la vidéo (4:45)

 

L’usage social des biens confisqués a été voté par l’assemblée nationale le 22/12/2016 mais retoqué par le Conseil Constitutionnel : Communiqué de presse : les biens confisqués échappent à la société civile !

 

Crim’HALT à Menton pour le 21 mars

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Fabrice Rizzoli sera présent à Menton le mercredi 21 mars 2018, journée de la mémoire et des victimes de toutes les mafias promoted by Libera against mafias

Le président de Crim’HALT donnera une conférence à SciencesPo Menton sur l’établissement de la mafia dans le sud de la France et les moyens de lutter contre se phénomène.

En 2011, FLARE France, ancêtre de Crim’HALT, a rendu accessible au public la première source parlementaire sur ce sujet, la Commission parlementaire sur : ‘les moyens de lutte contre les tentatives de pénétration de la mafia en France » de 1992… (il manque juste des bénévoles pour mettre à jour le lien 🙂

Parce qu’on ne peut pas lutter contre un phénomène culturel, la grande criminalité, sans faire vivre la mémoire et en oubliant les victimes, FLARE France, ancêtre de Crim’HALT, a toujours célébré le 21 mars, en 2011, 2012, 2013. Puis, Crim’HALT relança l’idée en 2015 avant d’être invité en Suisse par les « Amis de Libera Suisse » en 2016 et en 2017.

Retrouvez toutes les informations de l’événement 2018 sur facebook

et une itv sur France Info Tv sur le crime organisé dans le Sud de la France

Crim’HALT dans les Inrocks sur l’implantation de la mafia en Slovaquie

Le 25 février dernier, les corps sans vie du journaliste slovaque Jan Kuciak et de sa compagne Martina Kursinova sont retrouvés à leur domicile. Tout deux ont été assassinés par balles. Le journaliste enquêtait sur des affaires de corruption au sommet de l’Etat.

Suite à ce double meurtre, c’est tout un pays qui a décide de se soulever contre les pratiques peu scrupuleuses de son gouvernement, soupçonné d’être en lien avec la mafia italienne la Ndrangheta.

Le 8 mars dernier, ce sont donc plus de 30 000 slovaques qui se sont réunis à Bratislava pour dénoncer la corruption et réclamer la démission du premier ministre Robert Fico.

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Manifestation anti-corruption à Bratislava, 08/03/2018

L’assassinat du journaliste, en plus de bouleverser la classe politique et la société civile slovaque, soulève la question plus globale de l’influence des mafias au sein du pouvoir public. C’est dans un entretien pour les Inrocks que Fabrice Rizzoli, président de Crim’HALT, est revenu sur l’implantation de la mafia calabraise en Slovaquie.

Avec un chiffre d’affaire estimé à plus de 53 milliards d’euros, la Ndrangheta s’impose comme la mafia la plus puissante et la plus riche d’Italie. N’agissant pas uniquement au sein du territoire national, la Ndrangheta s’exporte au delà des frontières italiennes. Sa présence en Slovaquie remonterait aux années 90.

Face aux gouvernements corrompus influencés par les groupes criminels, la société civile apparaît comme le dernier espoir dans l’établissement d’une classe politique plus juste et transparente.

Ainsi, Fabrice Rizzoli déclare à juste titre : « Pour changer les lois, il faut changer les mentalités« .

Retrouvez l’article en entier sur les Inrocks https://www.lesinrocks.com/2018/03/10/actualite/la-mafia-italienne-t-elle-pris-le-pouvoir-en-slovaquie-111053838/