Table ronde Crim’HALT au Salon des livres et l’alerte

Du 16 au 18 novembre prochains, se déroulera à la Maison des métallos la 4ème édition du Salon du livre de lanceuses et lanceurs d’alerte. Toutes les infos sur : DELIVREZ L’ALERTE 

Avec le collectif Thémis

Dimanche 18 novembre 2018

14h-16h Maison des Mettalos

Grande criminalité

La prohibition des drogues : alerte sur une criminalité légale?

D’après l’ONU, la prohibition est un échec. La prohibition des drogues, ce dispositif légal, a-t-il amélioré la santé publique ? Respecte-elle les droits fondamentaux ? Garantit-elle plus de sécurité ? Si la réponse est non : faut-il lancer l’alerte ?

Les auteurs invités  :

  • Bénédicte Desforges, ancienne policière et auteur de « Police mon amour » (le blog)
  • Fabrice Olivet, président d’ASUD
  • Marc Fievet, ex-agent infiltré de la Douane française, qui a passé 10 ans en prison (le blog)

A voir et revoir la fiction Gibraltar

  • Emmanuel Fansten, journaliste et auteur de « l’Infiltré » avec Hubert Avoine : ex-agent infiltré qui a dénoncé des dysfonctionnements de la Police

A voir et à revoir le documentaire Scandale chez les stups (Envoyé spécial, France2, 2018)

A ne pas manquer !

Les précédentes éditions du salon :

Salon « Des livres et l’alerte » 3

Crim’HALT au salon « Des livres et l’alerte » 2

Crim’HALT au salon Des livres et l’alerte 1

Crim’HALT à Bruxelles pour un journalisme sans menace

L’environnement général dans lequel travaillent les journalistes semble se dégrader en Europe : la région a été ébranlée par deux assassinats à Malte et en Slovaquie (cf. Crim’HALT sur RT France : Slovaquie, la mafia sévit-elle en Europe Centrale ?); la profession et les journalistes font l’objet d’attaques verbales sans précédent et les reporters d’investigation qui mènent des enquêtes transnationales pour venir à bout des filières mafieuses sont de plus en plus victimes de menaces.

Comment ça se passe en Italie, France et Belgique ? Que peut-on faire pour protéger les journalistes ?

À l’occasion de la Journée internationale de la fin de l’impunité pour les crimes commis contre des journalistes, une conférence-débat sur les Journalistes sous escorte aura lieu à l’Institut Culturel Italien de Bruxelles

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Débat avec Federica Angeli, reporter italienne menacée par la mafia

Avec la participation de David Leloup, Philippe Pujol et Fabrice Rizzoli

En collaboration avec Ossigeno per l’informazione

Le mardi 6 novembre à 19h

Institut Culturel Italien, Rue de Livourne 38, 1000 Bruxelles

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Modérateur : Maria Laura Franciosi, journaliste italienne.

Avec : 

Federica Angeli, chroniqueuse pour La Repubblica. Menacée de mort à la suite ses enquête sur la criminalité organisée de Ostia (Rome), elle vit sous protection policière permanente depuis 2013.

David Leloup, journaliste indépendant belge, a cofondé le web magazine Apache et le trimestriel d’enquête Médor. Il a été victime de menaces à la suite de ses investigations.

Philippe Pujol est un journaliste et écrivain marseillais, lauréat du prestigieux prix du journalisme Albert-Londres (2014). Il enquête sur la délinquance depuis 2004.

Fabrice Rizzoli enseigne à Science Po Paris et anime le site mafias.fr. Il a écrit La mafia de A à Z (Tim Buctu) et il est le président de Crim’HALT, association qui veut impliquer la société civile contre la criminalité.

Alberto Spampinato est journaliste, fondateur et président de l’association Ossigeno per l’informazione, l’observatoire sur les menaces et les abus contre les journalistes italiens.

Crim’HALT sur France Culture

Dans les poubelles de l’économie (3/4)

La main invisible des mafias

Naples. Ville magnifique du sud de l’Italie, mais qui souffre d’une terne réputation. Si celle-ci est évidemment liée à la présence d’un réseau mafieux profondément ancré dans le paysage quotidien, c’est sans doute le scandale des ordures qui l’a le plus noircie. C’est au début des années 2000 que le problème du traitement des déchets est apparu à la lumière du jour. Des photographies de rues napolitaines jonchées de détritus ont alors fait la une des journaux et le tour du monde. Mais le défaut de ramassage des poubelles ménagères masquait en fait, un fait bien plus grave : l’enfouissement et l’incinération de déchets industriels, et souvent toxiques, dans ce qui fut alors baptisée la terra dei fuochi, ou terre des feux.

Mais comment cela a-t-il pu arriver et est-ce un cas isolé ? D’où provenaient les déchets ? Qui recourait à la mafia locale pour le  »traitement » des ordures ? Comment le tissu criminel a-t-il pu s’implanter de façon si solide et durable ? Les autorités publiques étaient-elles donc à l’obscur de tout ? Et qu’en est-il aujourd’hui ? Mais surtout : pourquoi la Camorra s’est-elle tant intéressée à ce secteur ?

Retrouvez ici l’intervention du Président de Crim’HALT et de Clotilde Champeyrache dans un podcast passionnant, assemblant analyses politiques et économiques et archives sonores, pour vous plonger au cœur de l’affaire napolitaine : France Culture pour Entendez-vous l’éco? 

Intervention du Président de Crim’HALT au sujet de l’arrestation de Redoine Faïd

Redoine Faïd.

Son nom nous était déjà connu pour son lourd passé criminel : impliqué dans la délinquance dès son plus jeune âge, braqueur récidiviste, évadé de prison une première fois en 2013, il refait parler de lui en juillet dernier, lorsqu’il parvient à s’évader du centre pénitentiaire de Réau, en Seine-et-Marne, où il était détenu. Il devait purger une peine de 25 ans de prison, mais à l’aide de complices armés et d’un hélicoptère, il parvient à fuir le 1er juillet 2018. C’est alors que les autorités françaises lancent les recherches, soutenues par Interpol. Pendant ces mois d’investigation, le criminel circule imperturbé, dissimulé sous une burqa, aidé par son cercle d’acolytes dont faisait notamment partie son frère, Rachid Faïd.

C’est le 3 octobre dernier que le nom de Redoine Faïd réapparait sur le devant de la scène, lorsque la cavale du criminel se conclut par son arrestation à Creil, dans l’Oise, ville où il a grandi.

Retrouvez l’intervention du Président de Crim’HALT, Fabrice Rizzoli, invité sur le plateau de BFM TV en tant que spécialiste de la grande criminalité  dans « Redoine Faïd : Les secrets d’une arrestation » :

 

Conférence à Plougastel : « La mafia, l’Europe et le terrorisme »

 Les élections européennes approchant à grands pas, des questions et des doutes sur la sécurité en Europe émergent légitimement. Comment a évolué le phénomène mafieux au sein de l’Union au cours des dernières années ? Celle-ci constitue-t-elle un rempart contre la criminalité organisée ou lui permet-elle, au contraire, une plus grande liberté d’action ? Et quel impact ont eu la crise migratoire et la politique communautaire qui en a découlé sur les réseaux criminels ?

Annoncé dans le Télégramme

Un ensemble de questions intéressantes et complexes, traité lors de la conférence « La mafia, l’Europe et le terrorisme » qui s’est tenue le 17 octobre dernier à Plougastel, à l’initiative d’Il Gattopardo, comité de jumelage avec Ciminna. Fabrice Rizzoli, spécialiste de la grande criminalité, a eu l’honneur d’en être l’invité principal.

Plougastel

Le retour sur la conférence ici :

A l’issue de la conférence, Fabrice Rizzoli à offert à son hôte, Antonio Ciminna, de la confiture d’orange bio faite par des coopératives sur des terres confisquées à la mafia, comptant parmi les nombreux aliments antimafia produits par Libera Terra cf. Crim’HALT avec la coopérative Valle del Marro)

La lutte continue! (cf. Communiqué de presse : les biens confisqués échappent à la société civile !)

 

 

Crim’HALT sur « Democratia » : clientélisme & Marseille

On n’entend que rarement parler de crime organisé en France et quand c’est le cas, cela se réfère souvent à des organisations étrangères. A l’exception de Marseille et de ses banlieues, qui sont manifestement confrontées à ce phénomène mafieux connu du grand public.

Le 2 octobre dernier, Anna Francesca Leccia a lancé Democratia, magazine de géopolitique et d’histoire en Méditerranée. Pour le premier numéro, elle décide justement de se pencher sur la ville de Marseille et la criminalité qu’elle abrite. L’angle d’attaque choisi est « Marseille, les poli

tiques et la pègre ». Dans un premier temps est alors présenté le documentaire « Marseille, les eaux troubles de la Libération ».

Le second temps est dédié au débat auquel était invité Fabrice Rizzoli, co-fondateur et Président de Crim’HALT, dans le musée Fesch d’Ajaccio, afin d’aborder la question des liens qui existent entre les organisations mafieuses et les politiques.

Retrouvez Democratia ici :

La piraterie : nouvelle menace dans les côtes du Venezuela

Cet article reproduit une publication parue sur le site www.insightcrime.org   

Une enquête journalistique montre qu’un petit morceau d’eau entre la côte est du Venezuela et l’ile de Trinité-et-Tobago est devenu un refuge pour les pirates et les criminels qui font la contrebande entre les deux nations. Ce constat met en évidence les conséquences de l’échec du gouvernement vénézuélien pour assurer la sécurité dans son territoire.

Le golfe de Paria, 16 kilomètres d’eau des Caraïbes qui séparent le Venezuela et le Trinité-et-Tobago, est maintenant infesté de pirates et de contrebandiers qui vendent des couches, de la drogue, des armes, de la nourriture, des animaux sauvages et des personnes.

Ce rapport de Bloomberg examine comment les trafiquants -des anciens pécheurs- échangent tout : armes à feu, de la vodka, de l’essence. Malgré l’inflation massive du Venezuela, l’essence coûte encore environ 40 cents par gallon – une fraction du prix des pompes de Trinidad, tandis que, sous le gouvernement de Nicolas Maduro, les couches et la nourriture sont thésaurisées « comme des barres d’or ».

Les pénuries alimentaires ont secoué le Venezuela depuis le début de la crise d’inflation, ce qui a mené à des fortes manifestations. Les contrebandiers dans le golfe de Paria profitent de la forte demande de produits de base pour les introduire par la côte Caraïbe. Les enlèvements sont également récurrents, les criminels retiennent des pêcheurs locaux pour une rançon, dont un homme qui a été libéré pour 46 000 dollars.

Bien que les ministères des Affaires étrangères vénézuéliens et trinidadiens aient tenu des négociations bilatérales en novembre 2017 pour discuter de la normalisation du flux de biens et de personnes, les activités illicites ont continué de prospérer.

Les marchés noirs en plein essor dans le golfe de Paria sont le résultat de la crise politique et économique prolongée au Venezuela. Les homicides et les enlèvements sont monnaie courante dans le pays et Caracas, la capitale, est aujourd’hui la ville la plus meurtrière du monde.

Dans un pays au bord d’une catastrophe humanitaire, l’administration de Maduro lutte pour maintenir le pouvoir même sous une forte pression internationale.

Au milieu du chaos, de nouveaux groupes criminels organisés ont vu le jour dans les prisons du pays, dans l’armée et dans les rues sous la forme de mégabandas et de colectivos – groupes pro-gouvernementaux armés par l’administration Maduro.

Même des proches du président ont été directement impliqués dans des activités criminelles. Deux des neveux de Maduro, surnommés les «neveux du narco», ont été reconnus coupables en 2016 et condamnés à 18 ans de prison pour avoir expédié 800 kilogrammes de cocaïne aux États-Unis.

Vous pouvez accéder à l’article original en anglais ici.

2018 : année décisive pour l’Amérique latine

Corruption, crime organisé et élections

en Amérique latine

La dizaine d’élections prévues pour cette année pourrait transformer le visage de la région. Lors que plus de la moitié des latino-américains s’apprêtent à voter, les liens persistants entre le crime organisé et la classe politique rendent le tableau électoral très sombre.

Par Rosario Rodas


 

Le coup d’envoi a été lancé en février dernier avec les élections présidentielles au Costa Rica. En avril c’était le tour du Paraguay, qui changeait de président pour la septième fois depuis l’ouverture démocratique. Ce même mois le Cuba tournait (à moitié) la page « Castro » de son histoire avec l’investiture d’un nouveau président. Le 20 mai les vénézuéliens ont voté pour le maintien de Nicolas Maduro à la tête d’un gouvernement en crise qui s’accroche au pouvoir dans un pays bouleversé.

Le 27 mai, la Colombie élira le successeur du Prix Nobel Juan Manuel Santos dans une élection qui s’annonce historique car ce sera la première fois que la guérilla des FARC, transformée en parti politique, participera aux présidentielles. Le 1er juillet, les Mexicains éliront président, sénateurs, députés et maires. Traditionnellement contraire aux tendances politiques dominantes dans la région, le Mexique semble se tourner à gauche : Andres Manuel Lopez Obrador, candidat pour la troisième fois, fait pour le moment la course en tête. Finalement, le calendrier électoral sera fermé en octobre avec la présidentielle au Brésil, où le favori est l’ancien président Lula, qui purge depuis le 7 avril une peine de douze ans de prison pour corruption.

Et c’est précisément la corruption, endémique dans la région, une des principales menaces qui pèsent sur ces évènements électoraux.  La corruption est un problème politique et économique de « haut niveau » qui affaiblit le développement et la démocratie. La corruption des élites et systèmes politiques met en péril l’état de droit et provoque des frustrations parmi les citoyens et, en conséquence, des taux élevés d’abstentionnisme. En réaction à une classe politique fragilisée et décrédibilisée on peut constater l’émergence des outsiders radicaux (Jair Bolsonaro, au Brésil), et des populistes (Lopez Obrador au Mexique et Gustavo Petro en Colombie).

L’affaire Odebrecht c’est peut-être le cas de corruption le plus emblématique des dernières années. Le scandale autour du géant brésilien du BTP a touché la quasi-totalité du continent. Tout éclate en décembre 2015 quand plusieurs cadres du groupe ont confessé devant la justice brésilienne avoir financé des campagnes électorales à travers tout le continent, propulsant des carrières politiques en échange de contrats de marchés publics. Les 77 employés d’Odebrecht – y compris le PDG- ont signé des accords de collaboration –delações premiadas, la version brésilienne du statut de repenti- et fourni des noms, des dates et les montants des commissions versées en échange de plusieurs années de liberté. Au total, près de 800 millions de dollars versés entre 2001 et 2016 dans 12 pays : le Brésil, l’Argentine, la Colombie, la République dominicaine, l’Équateur, le Guatemala, le Mexique, le Panama, le Pérou, le Venezuela. Des enquêtes sont également menées dans deux pays africains : l’Angola et le Mozambique.

Dans tous les cas, le mode opératoire était le même : des contrats surfacturés et dons pour des campagnes politiques passant par une caisse parallèle (d’argent non déclaré) permettaient de dévier de l’argent vers les politiciens en échange d’offres de travaux publics en détournant les règles d’adjudication. Ce cas a dévoilé à quel point la corruption est enracinée dans les systèmes politiques de la région : d’après Marcelo Odebrecht, les opérations avaient cours depuis trente ans.

La corruption qui gangrène les états et fragilise les institutions laisse la porte ouverte à toutes sortes de violence. L’infiltration massive de fonds illicites dans les caisses des États via le financement des campagnes alimente la criminalité organisée. Les réseaux criminels qui se disputent les territoires utilisent la subornation pour faciliter le trafic de drogues, la traite de personnes, le trafic d’armes, et de différents types de crimes environnementaux comme l’exploitation illégale des forêts et la vente d’espèces exotiques.

Dans le cas du Mexique et des pays de l’Amérique centrale les cartels ont pénétré la structure publique à tel point qu’afin de se présenter aux élections, surtout au niveau local, les pactes avec le crime organisé sont incontournables. Le positionnement des gouvernements reste toujours ambigu. De plus, la fragilité des systèmes de justice, la fragmentation des partis politiques, ainsi que les clivages sociaux et le manque de participation civile rendent les politiques de lutte contre la corruption et le crime organisée partiellement inefficaces.

Même si déçus par la politique, les latino-américains peuvent voir dans cette année électorale une nouvelle opportunité de construire leur avenir. Le renouvellement de cycle politique invite aussi à s’interroger sur le modèle de partage du pouvoir dans un contexte régional ou la démocratie fonctionne dans des conditions extrêmes d’inégalité et violence.

Crim’HALT s’engage en faveur de la liberté et la transparence

Le mois dernier, notre association a signé cette pétition (à lire ici) adressée au Président de la République et ayant comme objectif de demander la défense de l’intérêt général et du droit à l’information en « restreignant le champ d’application du secret des affaires aux seuls acteurs économiques concurrentiels ».

Discrète et expresse, la « loi sur la protection des savoir-faire et des informations commerciales non divulgués contre l’obtention, l’utilisation et la divulgation illicites » (dite « secret des affaires ») a été déposée et adoptée à l’Assemblée Nationale sans aucun débat public et en procédure accélérée.

Dans cet appel, nous reconnaissons que la protection des secrets de fabrication, de l’innovation et de la propriété intellectuelle est bien nécessaire. Cependant, cela ne doit pas entraîner une remise en cause des libertés fondamentales, ou une restriction de la liberté de circulation des personnes et des idées. La loi sur le secret des affaires concerne des informations d’intérêt général telles que les pratiques fiscales des entreprises, l’impact de leurs activités et de leurs produits sur la santé et l’environnement.

Informer n’est pas un délit. L’intérêt général doit prévaloir sur les intérêts privés.

Tribune de Crim’HALT au Monde : réflexions autour du statut de « coopérateur » de justice

En analysant les différences entre la figure de « collaborateur » en Italie et le « plea bargain » américain,  le président de Crim’HALT, Fabrice Rizzoli, explique qu’il est temps que la France se dote d’un statut de « coopérateur de justice » plus moderne et efficace.

Le dispositif français, inspiré de l’américain, pose plusieurs problèmes. Parmi eux, l’impossibilité pour le criminel de révéler l’ensemble de ses activités criminelles car la loi exclu toute protection dans un autre dossier (hors duquel il a obtenu son statut de protégé) si l’intéressé est lui-même poursuivi pour des faits criminels. 

Un article publié par Le Monde à lire ici.

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