Crim’HALT dans les Inrocks sur l’implantation de la mafia en Slovaquie

Le 25 février dernier, les corps sans vie du journaliste slovaque Jan Kuciak et de sa compagne Martina Kursinova sont retrouvés à leur domicile. Tout deux ont été assassinés par balles. Le journaliste enquêtait sur des affaires de corruption au sommet de l’Etat.

Suite à ce double meurtre, c’est tout un pays qui a décide de se soulever contre les pratiques peu scrupuleuses de son gouvernement, soupçonné d’être en lien avec la mafia italienne la Ndrangheta.

Le 8 mars dernier, ce sont donc plus de 30 000 slovaques qui se sont réunis à Bratislava pour dénoncer la corruption et réclamer la démission du premier ministre Robert Fico.

manifestations slovaquie
Manifestation anti-corruption à Bratislava, 08/03/2018

L’assassinat du journaliste, en plus de bouleverser la classe politique et la société civile slovaque, soulève la question plus globale de l’influence des mafias au sein du pouvoir public. C’est dans un entretien pour les Inrocks que Fabrice Rizzoli, président de Crim’HALT, est revenu sur l’implantation de la mafia calabraise en Slovaquie.

Avec un chiffre d’affaire estimé à plus de 53 milliards d’euros, la Ndrangheta s’impose comme la mafia la plus puissante et la plus riche d’Italie. N’agissant pas uniquement au sein du territoire national, la Ndrangheta s’exporte au delà des frontières italiennes. Sa présence en Slovaquie remonterait aux années 90.

Face aux gouvernements corrompus influencés par les groupes criminels, la société civile apparaît comme le dernier espoir dans l’établissement d’une classe politique plus juste et transparente.

Ainsi, Fabrice Rizzoli déclare à juste titre : « Pour changer les lois, il faut changer les mentalités« .

Retrouvez l’article en entier sur les Inrocks https://www.lesinrocks.com/2018/03/10/actualite/la-mafia-italienne-t-elle-pris-le-pouvoir-en-slovaquie-111053838/

 

 

 

 

 

 

 

 

Crim’HALT au festival cinématographique Les Mauvais Gones

mauvais gones

Le président de Crim’HALT, Fabrice Rizzoli, se rendra à Lyon le jeudi 22 mars à l’occasion du festival cinématographique Les Mauvais Gones.

Invité en tant qu’intervenant, Fabrice Rizzoli accompagnera la projection du film Suburra à l’issu de laquelle aura lieu une masterclass sur le thème de la mafia italienne.

Retrouvez toutes les informations sur le site de l’événement : http://www.baz-art.org/archives/2018/03/04/36189113.html

Géopolitique et mafia en Italie : entretien avec Fabrice Rizzoli sur CNews

28768522_10214293947769884_1211629753_o
Fabrice Rizzoli sur CNews, l’Actu à la carte, 04/03/2018

 

En période de législatives italiennes, Fabrice Rizzoli, président de Crim’HALT, fut l’invité d’Harold Hyman pour débattre de la situation politique italienne et de ses enjeux.

Interrogé aux côtés de Matteo Ghisalberti, journaliste indépendant italien, tout deux sont revenus sur les représentations du paysage politique italien.

Entre influence de la mafia, mouvements autonomistes et action des pouvoirs publics Fabrice Rizzoli nous livre ici un état des lieux de la géopolitique italienne actuelle.

Le président de l’association en profite pour montrer deux exemples d’une autre Italie, celle des coopératives sur les terres de la mafia. Ici l’huile d’olive bio de la coopérative Valle del Marro à Polistena et la confiture de mandarine de la coopérative GOEL sur la côté ionienne.

 

 

 

 

 

 

Retransmission du débat « mafia, l’emprise de l’ombre »

Fabrice Rizzoli, président de Crim’halt, intervient dans le débat « Mafia, l’emprise de l’ombre » pour « Un monde en Docs » sur Public Sénat.

Si lutter contre la corruption est possible, il faut comprendre que le citoyen a un rôle à jouer. Parmi les thèmes abordés, l’usage social des biens confisqués aux associations mafieuses, avec l’exemple des produits Libera Terra.

L’émission, du 16 décembre dernier, vous sera retransmise samedi prochain, 13 janvier 2018, à 20h. A ne pas manquer !

Opération « Guéant rends l’appartement »

Samedi 9 décembre, journée mondiale de lutte contre la corruption, si elles n’étaient pas loin du cortège, ce n’est pas une chanson de Johnny qu’ont repris Crim’HALT, Anticor, Metamorphosis et Deputy Watch, Paradis Fiscaux & Judiciaires

Aux cris de « Guéant rends l’appartement« , ces quatre associations se sont retrouvées devant l’appartement de l’ancien ministre de l’intérieur, pour sa demander la restitution aux citoyens.

Sur le modèle de la législation italienne qui permet de mettre à disposition les biens mal acquis à des associations, une loi idoine en France permettrait de réintroduire ces biens dans l’économie légale. Il s’agit ici réparer sur le territoire les dégâts commis envers à la société civile. A des fins d’exemple, les quatre associations ont tenu à remettre à M. Guéant paquet de biscuits salés Libera Terra, produit sur les terres confisquées à la mafia italienne.

 

Pour en savoir plus :

L’usage social des biens confisqués a été voté par l’assemblée nationale le 22/12/2016 mais retoqué par le Conseil Constitutionnel : Communiqué de presse : les biens confisqués échappent à la société civile !

Concernant le cas d’espèce, le bien de l’ancien ministre en question est gelé par la justice en raison de soupçons de blanchiment de fraude fiscale en lien avec la Libye. Si cet appartement, payé comptant pour une somme dépassant 700 000 euros, est le fruit de la corruption, il doit être remis à la société civile bafouée. Considérant les atrocités que subissent les migrants, nos associations demandent à ce que cet appartement soit remis à une association d’aide aux citoyens qui migrent.

En France, les biens ne peuvent être définitivement confisqués qu’à l’issue d’une condamnation définitive du propriétaire, une procédure qui peut durer 10 ans. Or, même en cas non condamnation, ce qui est le cas de l’ancien ministre de l’intérieur, toujours présumé innocent malgré deux condamnations (1ère instance et appel pour détournement de fonds publics), la justice dispose de mesure de mesures conservatoires pour vendre le bien avant confiscation définitive. La justice pourrait donc mettre à disposition les biens saisis à des associations comme le fait la justice italienne. Si le propriétaire n’est pas reconnu coupable, il peut alors récupérer l’argent.

Cela dit, il serait bien plus efficace de mettre en place une confiscation sans condamnation pénale du propriétaire. L’accusé aurait à justifier l’origine légale de son bien devant un tribunal civile ou administrative (sans risque de prison). En cas d’incapacité de prouver l’origine légale, le propriétaire perd son bien indépendamment du procès pénale.

Journée mondiale contre la corruption

Communiqué de presse

Que les biens des corrompus reviennent aux citoyens

L’affaire Guéant doit servir d’exemple !

En cette journée mondiale de la lutte contre la corruption, Crim’HALT, Anticor, Deputy Watch, Paradis Fiscaux & Judiciaires et MetaMorphosis tiennent à rappeler la nécessité d’implémenter en France l’usage social des biens confisqués par l’État. Cette mesure, appliquée depuis 1996 en Italie, permet de réinvestir au sein de l’espace public des biens mal acquis en les transformant en centres d’apprentissage, en coopératives ou encore en locaux destinés à l’action associative.

En ce sens, nous pensons que l’appartement parisien de Claude Guéant, confisqué par la justice le 12 juin dernier dans le cadre de l’enquête judiciaire sur les versements occultes effectués par le régime libyen du temps de Mouammar Kadhafi, doit être mis à disposition de la vie civile. C’est pourquoi nous demandons l’attribution du bien immobilier de l’ancien ministre de l’intérieur à une association d’intérêt public d’aide aux personnes réfugiées et migrantes.

Pour que le crime ne paie pas :

L’affaire Guéant doit servir d’exemple pour toutes les procédures de saisie de biens mal acquis en cours ou à venir, ainsi que le recommandent la Commission du Parlement européen CRIM, le Conseil de l’Europe et le Comité économique et social européen depuis 1999.

 

PS : l’usage social des biens confisqués a été voté par l’assemblée nationale le 22/12/2016 mais retoqué par le Conseil Constitutionnel : Communiqué de presse : les biens confisqués échappent à la société civile !

L’Infiltré, de Hubert Avoine

          Lors du 3ème Salon « des livres et l’alerte » qui se tiendra les 2 et 3 décembre à la La Maison des Métallos à Paris, vous aurez l’occasion de rencontrer Hubert Avoine, auteur de L’Infiltré, publié aux éditions Laffont (2017).

Agent de l’Office Central pour la Répression du Trafic Illicite des Stupéfiants (OCRTIS), Hubert Avoine décide, avec l’aide de l’expert en espionnage et journaliste pour Libération Emmanuel Fasten, de composer cet ouvrage afin d’y rapporter son expérience. Son récit constitue un travail de dénonciation autant que de sensibilisation. Il nous permet de le suivre dans ses années d’infiltration du milieu des narco-trafiquants, d’Amérique Latine notamment, mission au cours de laquelle il avoue être « devenu complice d’un système qui, au prétexte de lutter contre le trafic de drogue, contribuait à sa diffusion massive. Jusqu’à la rupture, aussi brutale que violente. »

Vous aurez l’occasion d’en savoir plus lors des conférences « l’alerte face à la grande criminalité » et « Etat et abus de droit » et l’auteur sera présent au salon pour dédicacer son ouvrage. Mais pour vous offrir dès à présent un premier regard sur ce livre, le Secrétaire de Crim’halt, Vianney Turbat, en a rédigé pour vous un petit compte-rendu, que vous trouverez ci-après.

* * *

          Tout d’abord, le livre est bien écrit, cela mérite d’être souligné. Les phrases sont parlantes, parfois cinglantes ou caustiques ; il engage un dialogue avec le lecteur et c’est agréable à lire. On sent même un rythme à ces histoires qui s’enchaînent, jusqu’à une sorte de rebondissement final qui correspond à une remise en question du personnage.

C’est le récit d’un homme, M. Avoine donc, dont la jeunesse est indirectement liée à des trafics et consommation de stupéfiants. Dès les premiers chapitres, l’on apprend que sa femme, consommatrice, a réussi à obtenir la garde de leurs deux enfants en Espagne et que le personnage va entamer un lourd combat juridique pour récupérer ses enfants. Cela va le motiver dès le début à se mettre au service des services de l’Etat français, pour faire avancer les procédures internationales.

Adepte des cercles très fermés de la ville de Cannes, il va permettre la mise en relation en février 2007 de la PJ de Nice avec un « voyou corse » dans la tourmente, dont les tuyaux lui éviteront la prison. De là, Hubert Avoine devient indic du ministère de l’intérieur sur le trafic de stupéfiants et dépend du SIAT, le service interministériel d’assistance technique, créé par la loi Perben II.

Par la suite, il sera dépêché durant une longue période sur des missions au Mexique, où ses informations sur Ingrid Betancourt et l’apparente possibilité de mettre l’Etat français en contact avec les FARC le font remarquer. Sa libération serait donc fortement liée à son implication dans ce dossier, mais ces excursions au Mexique lui permettront surtout de faire la rencontre de plusieurs personnages-clés dans les cartels mexicains, comme une certaine Gabriela Vasquez, une banquière qui blanchit leurs fonds. Hubert Avoine lui offrant un accès privilégié à Paris, leurs relations professionnelles se nouent étroitement et lui méritent l’intérêt de la DCPJ à Nanterre qui prend le relais de la PJ de Nanterre.

A partir de là, Hubert sera directement en contact avec la DCPJ et plus particulièrement avec le patron de l’Ocrtis (brigade anti-stup), François Thierry, pour le compte duquel il va continuer à nouer des liens avec ses contacts au Mexique, jusqu’à faire infiltrer un agent américain et se rapprocher d' »El Chapo », l’homme à la tête du plus gros cartel dans les années 90/2000. L’on suit le personnage sur d’autres affaires aux Antilles, ou à Paris, et se poursuit durant les deux premières parties du livre une histoire somme toute assez angoissante, de par le travail d’infiltration et les situations dans lesquelles Hubert Avoine se plonge, au coeur d’un trafic de stupéfiants dans des pays où il est redouté que la couverture de la brigade anti-stup ne suffise pas à le faire revenir en France si les affaires tournaient mal.

Durant ces deux premières parties, la narration est très factuelle. Cela permet de s’insérer dans les réseaux du crime et de leurs pratiques en termes de blanchiment d’argent et de transport de drogues qui sont bien expliqués. L’on y lit des contacts réguliers entre Hubert Avoine et François Thierry, presqu’amicals et l’état d’esprit de l’auteur dans cette partie du livre reflète une certaine confiance dans les entreprises de l’Etat (quelques passages de doutes ceci dit, mais relativement sporadiques) contre les trafiquants, Etat qui l’appuie dans ses démarches judiciaires.

Dans la troisième partie en revanche, toute la question du lancement d’alerte (mot qu’on ne lit nulle part dans le livre, preuve s’il en est qu’il pourrait être un lanceur d’alerte) se pose pleinement. Si, sans pour autant préjuger d’une situation professionnelle au milieu du crime dont je ne parviens à imaginer les aspects et les angoisses, il semble manquer de remise en question sur les actions de l’Etat et le peu d’informations que soutire Hubert Avoine à François Thierry concernant l’issue de ses missions. Au final, Hubert Avoine, en confrontant pièces de procédures (par exemple concernant l’affaire Air Cocaïne) et son propres vécu, ses observations et ses conversations avec François Thierry, met en lumière des pratiques douteuses de la PJ pour coincer les malfrats et sur lesquelles il se penche sur toute la dernière partie du livre. Quelle est la place de la PJ quand elle facilite voire engendre un trafic de stupéfiants ? Dans cette dernière partie, l’auteur s’interroge surtout sur le statut des indics, qui ne sont officiellement pas rémunérés et qui disposent d’un marché privilégié pour écouler leurs produits contre leurs informations, un statut que l’on ressent très flou au travers d’affaires juridiques impliquant des trafiquants indics. D’autant, comme on le voit avec la clôture de l’histoire de l’auteur, que ces indics eux-mêmes peuvent ne pas être informés de l’issue de leurs actions : Hubert Avoine apprendra des années plus tard avoir travaillé pour le compte de la DEA dans le démantèlement du cartel d’El Chapo, sans avoir été aucunement été rémunéré par l’Etat américain. Qui sont ces indics quand ils n’agissent que pour le compte de l’Etat français : « J’ai agi pour e compte de l’Ocrtis, je n’ai pris aucune initiative, j’ai tout le temps rendu compte de ce que je faisais ». C’est un autre indic qui parle lors de son procès mais après 200 pages d’infiltration dans les réseaux de stupéfiants, cette phrase résonne comme un écho à la place d’Hubert Avoine dans ses relations avec les trafiquants et François Thierry, qui apparaît petit à petit comme le premier trafiquant de France.

Au bord de la paranoïa, Hubert Avoine décide de rompre le silence et d’adresser une lettre au procureur Molins. 

Table-ronde « Etat et abus de droit »

Dans le cadre du 3ème salon « des livres et l’alerte »

Dimanche 3 décembre 13h30
La Maison des Métallos
94 rue Jean-Pierre Timbaud, 75011 Paris
Métro : Couronnes (ligne 2) ou Parmentier (ligne 3)
entrée est libre et gratuite

Etat et abus de droit

avec Elizabeth Borrel et James Dunne

Animation Fabrice Rizzoli

La raison d’État ou la balance commerciale peuvent-elles tout justifier ? Quelles méthodes au service de la raison d’État pour aboutir à la déraison d’État ?

Table ronde « l’alerte face à la grande criminalité »

Dans le cadre du 3ème salon « des livres et l’alerte »

Samedi 2 décembre 17h
La Maison des Métallos
94 rue Jean-Pierre Timbaud, 75011 Paris
Métro : Couronnes (ligne 2) ou Parmentier (ligne 3)
entrée est libre et gratuite

« L’alerte face à la grande criminalité » 

Avec Bruno Piriou (prix Anticor2015)Hélène Constanty, Xavier Monnier et  et Séverin Medori maire de Linguinzetta (prix Falcone 2016)

Animation Fabrice Rizzoli

La grande criminalité défie l’intérêt général mais en France, on peine à faire le lien entre crime organisé et corruption. Alors que risquent ceux qui nous en informent ?

En attendant, l’Italie, qui redistribue aux citoyens des milliers de biens confisqués au mafieux, vient de voter l’usage social des biens mal-acquis par les corrompus.