Amine Kessaci – ed. Le bruit du monde – octobre 2025 – 212 pages.
Résumé : « La vérité, tu es mort mais tu n’es jamais parti. » Les mots d’Amine sont clairs : Brahim ne sera jamais oublié. Il a cru aux réseaux, il y a vu une brèche, un moyen de s’en sortir, dans des quartiers où le narcotrafic reconfigure l’espace, exerce un pouvoir d’emprise et se substitue aux figures d’autorité. Tout cela se drape sous les apparences de la loyauté, du mérite et du gain. Tel un jeu, certains s’imaginent gravir les échelons sans percevoir le mensonge qui s’y loge, une façade cousue sur mesure pour ceux que l’État sacrifie. Un sacrifice particulièrement visible au sein d’une institution républicaine qui craque sous le poids des inégalités : l’école. Ce foyer de reproduction sociale devient un terrain hostile, autour duquel la violence rôde. Lorsque l’école rejette et exclut ces enfants, le trafic les recrute et leur offre une nouvelle issue, celle « d’enfants-soldats ». Abandonnés et déshumanisés, les voilà prêts à tuer. Pensant sortir de la misère, ils s’engouffrent dans bien pire. Le narcotrafic devient un marché toujours plus massif, qui s’étend bien au-delà des banlieues et gangrène la République entière. Il ne s’agit plus seulement d’une activité criminelle, mais d’une structure qui prospère sur le mal-être d’une société.
Marseille, essuie tes larmes est bien plus qu’un récit, c’est un coup de poing, un appel au changement, à davantage d’écoute, de prise en charge, de visibilité et d’investissement dans ces quartiers où le trafic apparaît comme une échappatoire. Dans ce dialogue posthume qu’il entretient avec son grand frère, Amine nous éclaire sur les trajectoires qui ont bouleversé la destinée de Brahim, engloutie dans les entrailles d’une société qui se déresponsabilise, alors même qu’elle l’a laissé déchanter.
Amine Kessaci : Né en 2003, Amine Kessaci a grandi et vécu dans les quartiers nord de Marseille. Fondateur de l’association Conscience, il accompagne, depuis la mort de son frère, les familles frappées par le narcotrafic. Son écriture est habitée par son combat pour la justice et la dignité.

