Plaidoyer pour des jurés composés de magistrats dans le cadre des procés de crime organisé

1 Fév 2024 | Articles | 0 commentaires

La solidité d’une chaîne repose sur son maillon le plus faible

Retrouvez ici une réflexion de Stefanu (Lettre à la justice de Stefanu, parent de victimes du crime organisé), adhérent de Crim’HALT pour que des jurés composés de magistrats jugent le crime organisé. Cette réflexion rejoins les travaux au sein de l’association notamment lors des formations avec les collectifs antimafias en Corse (cf. Erasmus+5 : CRIM’HALT au coeur de l’Antimafia romaine).

Le moins que l’on puisse dire est que les arguments sont là :

La particularité d’un dossier d’instruction de type mafieux ou en lien avec la criminalité organisée est qu’il regorge d’une multitude d’informations, de noms, de clans, s’étale dans l’espace et dans le temps et fait référence à d’autres dossiers, qui peuvent être toujours soumis au secret de l’instruction. Il s’oppose par nature au fait divers – si tragique soit-il – par la complexité des accusés et de leur environnement politique et économique, du mode opératoire et parfois même de la personnalité des victimes. Mais ce qui surprend, en France, dans ce type de dossier, c’est l’épilogue judiciaire qui lui est promis : une cour d’assises composée majoritairement de jurés populaires. Est-ce adapté ?

Imaginez. Vous êtes Monsieur ou Madame Tout-le-monde, vous habitez dans les Bouches- du-Rhône et un matin vous recevez un courrier émanant de la cour d’assises. Vous êtes tiré au sort pour être juré populaire dans un procès d’assassinat commis en bande organisée. Ce procès, dont l’instruction fut pilotée par la JIRS de Marseille, se tiendra à Aix-en-Provence où des membres d’une organisation criminelle vont être jugés. Jugés par vous. Une fois sur place vous tentez de vous plonger dans le dossier. La noyade commence. Vous n’y comprenez rien, et pour cause : on parle d’un homicide commis il y a 12 ans en Corse. Dans ce dossier, on y fait référence à trois autres procès, il y a trente noms dont certains se ressemblent, des clans qui se sont formés, déformés, affrontés et reformés, des trahisons internes, des personnes citées dans la procédure qui elles-mêmes ont été assassinées entre temps. Des guerres de territoires auxquelles se mêlent les vendettas familiales. Et au milieu de cette cacophonie, les experts, les policiers, les témoins et la défense ne cessent de vous donner le tournis. Vous vous efforcez de prendre des notes pour ne pas capituler, mais le morceau est bien trop gros pour vous. L’atmosphère ? Vous croisez quotidiennement les proches des accusés. A l’évidence, vous devinez que certains sont des malfaiteurs chevronnés. Ils vous tiennent la porte. Ils vous observent. Vous prenez votre pause cigarette au même endroit, buvez votre café dans les mêmes bars aux abords du palais. Vous les croisez le matin au petit déjeuner. Vous les croisez le soir après l’audience. Les regards fixes et les signes de têtes ne manquent pas d’éloquence. Vous êtes un gnou sans défense contraint de vous abreuver dans cette mare dont vous ignorez encore tout. Que se passerait-t-il si, en rentrant chez vous, un des proches des accusés – contre qui l’avocat général vient de requérir 30 années de prison – vous emboîte subitement le pas et vous demande simplement si tout va bien ? Dans le secret des délibérations, au moment de répondre oui ou non à la question de savoir si les accusés ont assassiné la victime, allez-vous vraiment juger sans peur ? Voilà, vous êtes piégés. C’est trop tard. Cela sera la justice et la morale – avec les risques que cela comporte –, ou bien votre compromission et votre tranquillité. A l’évidence, vous ne pourrez vous empêcher de penser au pire. Vous faites le point : vous travaillez cinq jours sur sept, vous allez au sport le mercredi, vous avez un enfant qu’il faut aller chercher à l’école, une voiture, une vie normale. Est-ce que ça vaut le coup de contrarier une organisation criminelle ? Alors, vous vous déportez de votre propre conviction. Vous faites l’inverse de ce que vous pensez intimement. Cela n’a aucun sens.

Que ce soit par l’intimidation ou par la corruption, un juré populaire est la proie idéale. Sur la forme, parce qu’il a tout à perdre et ne fait pas le poids contre des malfaiteurs déterminés ; sur le fond, parce que c’est sa voix qui va permettre d’acquitter l’accusé. Et qu’il n’est pas question de remettre en cause la légitimité de la parole démocratique une fois prononcée… Force est de constater que pour des criminels, il apparaît plus simple de faire pression sur quelques personnes lambdas que de corrompre les magistrats qui composent la cour. Par ailleurs, une cour composée de magistrats peut très bien décider d’acquitter un accusé – cela se vérifie, même dans des procès pour terrorisme. Elle n’est pas là pour broyer tout ce qui se présente devant elle.

Et en Italie, comment ça se passe ? Des lois relatives à la confiscation de biens, à celle des coopérateurs de justice, à l’article 416 bis du Code pénal italien qui définit le délit d’association mafieuse en passant par la commission parlementaire antimafia, on peut dire que le modèle italien a fait ses preuves. Largement. Les jurés populaires s’expriment à chaque procès mafieux et cela n’est pas remis en question.

Pourquoi on ne se contenterait pas de les copier, parfaitement ? Parce que nous ne sommes pas en Italie et nous ne sommes plus en 1982. Nous ne sommes pas confrontés à la même génération criminelle. Un des pièges serait de croire que ce qui a marché là-bas marchera forcément ici et maintenant. À l’évidence, nous n’allons pas évoluer de la même manière que l’Italie dans la lutte contre la criminalité organisée, sauf à considérer que c’est le seul parcours fléché de réflexion qui soit autorisé.

En ce moment même, nous ne sommes pas en présence d’une organisation criminelle qui défie l’Etat et assassine ses représentants – comme ce fut le cas en Italie, en Colombie ou au Mexique. Pourquoi le ferait-elle en France ? L’Etat ne lui a pas déclaré la guerre. Le crime organisé commettrait une grave erreur de créer les condition qui remettrait en cause le système dysfonctionnel en charge de le juger. Il suffit de corrompre quelques jurés et le tour est joué. Avoir la liste, c’est déjà faire la moitié du chemin.

Devrions-nous abandonner ce souhait au seul motif que l’Italie n’y a pas eu recours ? Si l’on inverse le processus de réflexion : au vu du nombre disproportionné d’acquittements, d’irrégularités, de suspicions légitimes, pourquoi n’y aurons-nous pas recours ? A quoi bon vouloir faire adopter des lois plus punitives si, in fine, on laisse à l’organisation criminelle l’opportunité à peine rêvée de faire pression et tordre le cou au simple citoyen censé rendre son propre jugement. « En toute chose il faut considérer la fin ».

Si cette disposition s’applique actuellement sur l’ensemble des cours d’assises, certaines zones du territoire, plus criminogènes, sont plus particulièrement menacées que d’autres. On pense évidemment à l’Île-de-France, à la région PACA et à la Corse. Dans son rapport, le procureur général de Bastia, Bernard LEGRAS, s’alarmait déjà de l’écart abyssal des acquittements entre la France (5,2%) et la Corse (27,6%) entre 1988 et 1998. Vingt ans plus tard, la période 2007-2016, concernant les dossiers corses de la JIRS affiche un taux d’acquittement de 65%, soit six fois plus que la cour d’assises des Bouches-du-Rhône. Jusqu’où allons-nous grimper ? Nul n’est censé ignorer la réalité. Et la réalité, la voilà : les pressions téléphoniques et physiques de quatre malfaiteurs proches de la Brise de Mer sur la belle-sœur d’un juré (2008) ; une pluie d’acquittements à Aix-en-Provence qui donneront lieu à l’ouverture d’enquêtes pour des pressions sur des jurés (2015 et 2016) ; des acquittements à Bobigny suite à des intimidations avérées (2019 – je vous invite à lire Juré sous influence de Carole STERLE) ; la liste intégrale des jurés d’un procès ayant donné lieu à un acquittement général pour « assassinat en bande organisée » retrouvée dans le téléphone d’un membre du clan criminel du Petit Bar (2022). Les années – et les procès – se suivent et se ressemblent.

L’administration judiciaire a récemment montré qu’elle était pouvait être ouverte à une évolution. Cela ne semblait pas être la priorité attendue, mais soit. Les cours criminelles départementales composées de magistrats jugeant des crimes punis d’une peine allant jusqu’à 20 ans de prison ont été généralisées le 1 er janvier 2023, après une période d’essai de quatre ans, en vertu de la bien nommée « loi du 22 décembre 2021 pour la confiance dans l’institution judiciaire ». Plus généralement, on pourrait se contenter de rappeler que les trafics de stupéfiants commis en bande organisée et les attentats terroristes sont, en toute logique, jugés par une cour d’assises composée de jurés professionnels, de par la complexité des dossiers. Mais après tout, pourquoi le sont-ils ? De son expérience à son expertise, un magistrat ne peut qu’éclairer davantage la cour et orienter, sans trembler, avec constance, de manière impartiale, une décision lourde de conséquence.

Les assises en lien avec le crime organisé vont-elles rester cette curieuse exception française ? Avec une dynamique encourageante, plusieurs éminentes personnalités allaient clairement formuler le souhait de voir des magistrats composer ces cours d’assises. De Laure BECCUAU, présidente du Tribunal judiciaire de Bobigny, à Nicolas BESSONE, actuel procureur général de Marseille, en passant par le juge d’instruction Guillaume COTELLE. D’autres fonctionnaires d’Etat (dont certains sont à la tête de directions, offices et services), étranglés par leur devoir de réserve et de neutralité, ne le disent qu’en off. Cela ne les empêche pas de militer à bas bruits et de s’évertuer à cibler les acteurs clés de ce combat, échanger, comparer, penser les possibles, persuader, convaincre. Dans la société civile, ce vœu est logiquement encouragé par les collectifs antimafia Massimu SUSINI et Maffia nò, par de nombreux journalistes police/justice spécialistes du grand banditisme, et enfin par des familles de victimes (dont certaines ont connu le triste sort d’un procès aux assises en tant que partie civile) notamment en Corse.

Peut-être cette prise de conscience actuelle est-elle annonciatrice d’une nouvelle ère juridique et judiciaire. Une bascule. Sachant que la solidité d’une chaîne repose sur son maillon le plus faible, je vous pose la question : dans ces conditions, qui fait la loi ?

Le débat est ouvert.

Du 22 au 30 août 2026 s’est déroulé le projet L.E.G.A.L. sur les terrains confisqués à la mafia de la coopérative Al Di Là Dei Sogni en Campanie, dans la ville de Sessa Aurunca. L’occasion pour Crim’halt d’y emmener Mohamed Benmeddour, médiateur dans les quartiers nord de Marseille et Yasmina Bel Hadj, chargée de mission prévention de la délinquance (entre autres casquettes toutes liées à la protection de la jeunesse) à la mairie de Marseille, tous deux envoyés sur les conseils de l’association Conscience, fondée par le désormais élu marseillais Amine Kessaci.

Le groupe du projet L.E.G.A.L. lors du premier soir à la coopérative. Autour d’un bon plat de pâtes, évidemment!
Crédit photo : Al Di Là Dei Sogni

L.E.G.A.L. c’est quoi?

L.E.G.A.L. pour Learning, Education & Good-practices for Active Legality – Apprentissage, éducation et bonnes pratiques pour une légalité active. Cette nouvelle formation Erasmus+ est destinée aux travailleurs en lien avec la jeunesse. La formation a réuni 20 personnes : dix-huit travailleurs de jeunesse et deux formateurs. Les participants étaient envoyés par six organisations partenaires, à raison de trois travailleurs de jeunesse par pays : Italie, France, Roumanie, Bulgarie, Serbie et Lituanie.

OBJECTIFS :

– Renforcer les compétences des travailleurs de jeunesse dans l’utilisation de l’éducation non formelle pour promouvoir la légalité, la citoyenneté active et la justice sociale.
– Fournir des outils pratiques pour travailler auprès de jeunes vulnérables et prévenir l’influence de la criminalité.
– Échanger des bonnes pratiques européennes en matière d’action sociale antimafia, – d’engagement communautaire et de réutilisation des biens confisqués.

Concernant notre participation à ce séjour sur la coopérative, en répondant à ce type d’appels à projet européens qui s’inscrivent dans le programme Erasmus +, le rôle de Crim’Halt est ici de faire la connexion entre la ville de Marseille et un des nombreux acteurs engagés en Italie dans la lutte anti mafia. Pour donner des idées à nos responsables locaux, et plus largement sensibiliser les citoyens dans le rôle qu’ils peuvent jouer pour faire reculer la violence causée par le crime organisé en France.

Le groupe du projet L.E.G.A.L. en atelier.
Crédit photo: Jolan Zaparty
Aux côtés de Gaetano, ex-camorriste incarcéré à de multiples reprises depuis ses 16 ans, condamné pour trafic de drogue international et devenu, au travers une fin de peine aménagée au sein de la coopérative, désormais l’un des piliers de Al Di Là Dei Sogni.
Crédit photo : Al Di La Dei Sogni
Durant une semaine, le groupe du projet L.E.G.A.L. a participé activement à la vie de la coopérative, travaillant notamment sur ses 17 hectares de terrains agricoles confisqués à la mafia.
Crédit photo : Jolan ZAPARTY

Un point sur la loi d’usage social des biens confisqués

Il faut aujourd’hui faire le point sur la loi d’usage social des biens confisqués en France : la loi d’avril 2024 permet désormais aux collectivités territoriales et aux associations de se voir attribuer des biens immobiliers saisis pour y mener des projets d’intérêt général ou de logement social. L’élargissement légal permet aux mairies et structures locales de solliciter l’AGRASC (Agence de gestion et de recouvrement des avoirs saisis et confisqués) pour réemployer ces actifs. Finalités sociales : transformation des biens en logements d’urgence, structures d’insertion ou centres pour l’économie sociale et solidaire.

La loi a donc étendu le pouvoir des collectivités qui peuvent désormais préempter ces biens. Mais le mécanisme est encore trop peu connu de leurs services, et trop peu utilisé. A Marseille, l’exemple de la maison d’un trafiquant de cocaïne confisquée aux Aygalades, dans le 14e arrondissement, et transformée en centre d’hébergement d’urgence en 2023 est désormais assez connu. Mais à quand de nouveaux projets? Rien que sur la ville de Marseille, Crim’HALT a déjà eu vent d’au moins trois biens confisqués par l’AGRASC qui pourraient être reaffectés socialement, y compris dans les beaux quartiers comme cet immeuble de haut standing situé sur la Corniche, confisqué à des escrocs de la taxe carbone européenne, mis en vente aux enchères pour 4,7 millions d’euros en septembre 2025, mais qui n’a pas trouvé preneur et reste donc aujourd’hui vide et inoccupé.

Vue aérienne du Carlton Palace sur la Corniche.
Crédit photo : Agorastore

En Campanie, dans le sud de l’Italie mais plus largement partout dans la botte, on compte déjà près d’un millier d’exemples de réussite de ces transformations d’un lieu anciennement criminel en un espace au service de la collectivité. A la coopérative Al Di Là Dei Sogni, Simmaco, à l’origine du projet, rappelle ce que dit le droit :

La loi italienne parle d’une réutilisation à des fins sociales ou productives. Dans le social, on peut tout imaginer : un foyer d’accueil pour mineurs en danger, un centre culturel, une résidence médicalisée pour personnes âgées, un centre d’urgence pour des personnes toxicodépendantes, un lieu dédié à des communautés éducatives, pour les personnes souffrant de handicap mental… Tout est possible. Pour les activités productives, c’est la même chose. Si l’on veut imaginer un atelier de fabrication de tables ou de chaussures, c’est possible. La seule condition est que 30% des personnes travaillant dans la nouvelle structure soient reconnues – par les services de santé ou les services sociaux – comme étant des personnes défavorisées.

Depuis que notre association participe à des séjours Erasmus + sur cette thématique, Crim’Halt en a fait la promotion auprès d’acteurs de l’économie sociale et solidaire, de journalistes, de magistrats… Sans oublier bien sûr les familles de victimes que nous avons emmené sur ces programmes de formation.

A Sessa Aurunca, la coopérative sociale qui nous a hébergé cette semaine est un modèle de partenariat réussi pour aider des publics vulnérables et faire reculer l’emprise criminelle sur un territoire. Celui-ci fait travailler main dans la main des travailleurs sociaux, d’anciens détenus passés par le parcours de coopérateur de justice, des personnes en situation de handicap, d’anciens toxicomanes, les autorités qui luttent contre le crime organisé en Italie…Sans oublier des acteurs du monde éducatif, la population locale et au delà.

Et la coopérative ne compte pas s’arrêter là. Dernier projet en date : la gestion d’un nouveau bien confisqué récupéré par Al Di Là Dei Sogni au mois d’août 2025. Baptisé Al Di Là Del Mare, il s’agit d’une villa cossue située en bord de mer, saisie puis confisquée à un homme d’affaires local véreux qui faisait du business avec la Camorra. L’équipe de la coopérative réfléchit encore à ce qu’elle pourra faire sur place, un restaurant solidaire, un studio de musique pourquoi pas… Une radio associative, pilotée par une ONG, s’est dors et déjà installée au sous-sol de la villa qui compte deux étages et de beaux espaces extérieurs, à 3 minutes à pied de la mer. C’est un peu comme si chez nous, une belle demeure de la Côte d’azur était confisquée à un criminel notoire pour être transformée en centre culturel et social. Ça fait rêver non?

Al Di La Del Mare.
Crédit photo : Jolan Zaparty
Sur la terrasse du nouveau bien confisqué. Simmaco (2ème à g.), fondateur de la coopérative, nous a raconté l’histoire du bien.
Crédit photo : Jolan Zaparty
L’emplacement de la future radio associative.
Crédit photo : Jolan Zaparty

En résumé, pour lutter efficacement contre le crime organisé, il faut aussi des citoyens organisés. Les réseaux criminels se nourrissant des failles de l’État social, s’infiltrant là où l’action des pouvoirs publics se délite, ou les liens entre citoyens d’une même communauté s’affaiblissent. En faisant travailler ensemble une justice indépendante et des élus volontaires, des acteurs de terrain chevronnés et des habitants éclairés, opposons-lui donc une résistance collective.

Lors de notre retour du séjour organisé dans le cadre du projet L.E.G.A.L., la délégation française a pu défendre l’intérêt de tels projets auprès de l’élu Amine Kessaci, déjà fin connaisseur du modèle Italien. Gageons que ces nouveaux retours d’expérience et de terrains lui permettront à lui et à son équipe de monter de nouveaux projets pour faire avancer le modèle de l’usage social des biens confisqués à Marseille.

Retour d’expériences auprès de l’élu marseillais Amine Kessaci.
Crédit photo : Ville de Marseille

Nos derniers podcasts

Vidéos

0 commentaires

Soumettre un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Derniers articles