http://arritti.corsica/attualita/sustegnu-a-david-brugioni-merre-di-centuri/

CRIM’HALT avec David BRUGIONI, maire de Centuri en Corse

Depuis son élection en 2014, David Brugioni, le nouveau maire de Centuri dénonce les pressions qui pèsent sur lui sur fond de bataille politico-judiciaire, de spéculation immobilière et d’affairisme

Son seul malheur, c’est d’avoir voulu préserver les terres de sa commune des  mains de spéculateurs peu scrupuleux en élaborant un nouveau Plan Local d’Urbanisme – PLU – respectueux du Code de l’urbanisme, de la Loi littoral, et en cédant une partie de de son littoral au Conservatoire Corse. Lire la suite

En France : plus tu fraudes, plus tu touches ?

Tout a commencé par la saisie du PNF par Anticor, association indépendante de lutte contre la corruption : il y aurait des fraudes massives aux subventions agricoles.

Retour sur un dossier hors normes?

L’enveloppe d’aides agricoles allouée à la Corse est de 36 millions d’euros par an, selon le site internet de la chambre d’agriculture, avec une aide à l’hectare éligible de 240 euros. Certains agriculteurs ont compris comment faire pour empocher des aides de l’Europe le plus facilement possible. Lire la suite

Conférence-débat avec Pierre Folacci, ancien n°2 de la PJ à Marseille

CondeJean Sansone, référent du Groupe local d’Anticor 13 et président de l’association Cabries défense et développement vous convient à une conférence-débat avec Pierre Folacci, auteur de « Condé ».
L’ancien numéro 2 de la PJ à Marseille, nous plongera au sein du travail des enquêteurs dans la cité phocéenne. Nous fera-t-il découvrir l’ époque particulièrement violente consacrée à la reprise en main du milieu par Francis Vanverberghe dit « le Belge »?

I. Le contexte

« La guerre des boîtes de nuit » 

A sa sortie de prison en 1984, le Belge avec son fidèle associé et beau-frère Tony l’Anguille, va s’insérer dans le milieu aixois. Puis, en association avec Jacky Le Mat (rarement condamné), ils vont « nettoyer » les restes du clan Zampa à Marseille et dans la région. Viendra ensuite la guerre sanglante des boîtes de nuit dans les Bouches du Rhône avec le clan de Raymond Mihière dit « le Chinois »  et le clan de Souhel Hanna-Elias dit « Joel le Libanais », qui deviendra plus tard un des lieutenants de le Belge.
La guerre des Boîtes aixoises reste l’événement le plus marquant des années 90. Elle se termine en 1993, et l’année suivante le Belge part s’installer à Paris où il vivra du revenu des machines à sous clandestines et de la prostitution.

« Rivalités entre Corses et associés du Belge pour le contrôle du milieu marseillais » 

Après l’assassinat du Belge en 2000, le milieu marseillais semble être repris en main par les Corses qui en avaient été éclipsés à la suite de l’assassinat de Marcel Francisci, en 1982, et celui de Paul Mondoloni et en 1985. Très organisés, les Corses se partagent les affaires entre une partie des Bastiais de la Brise de Mer, les Corses de Marseille et un italo-marseillais en vue de reprendre le contrôle des affaires du Belge.
Sauf qu’un ancien lieutenant du Belge et de Tony l’Anguille, un certain Farid Berrhama, dit « Gemlin » ou « Fafa » ou encore « le rôtisseur », bien connu pour faire brûler le corps de ses victimes dans le coffre d’une voiture, perce et pendant un certain temps vient faire sa place dans le trafic de stupéfiants. Gourmand, « le rôtisseur » implante des machines à sous dans certains bars tenus par d’autres équipes, et tente de racketter les boîtes de nuit tenues par le milieu Corse. Il se fait assassiner au Bar des Marroniers en 2006 par un commando corse piloté par Ange Toussaint Federici dit ATF (cf. condamnation définitive)
Ce règlement de compte conduira les enquêteurs marseillais jusqu’au cercle de jeux Concorde, et l’interpellation du banquier suisse François Rouge, le truand Roger Cassone, Paul Barril, et quelques anciens du milieu marseillais qui sous couvert de gérer le cercle Concorde blanchissaient de l’argent sale.
Les écoutes téléphoniques viennent vite révéler une discorde autour de la gestion des gains du cercle et du restaurant de luxe attenant… En 2007, clap de fin : le cercle de jeux sera fermé, et Ange Toussaint Federici sera condamné à 28 ans de prison en décembre 2010 pour la tuerie des Marroniers.
Depuis 2007, le banditisme local est toujours nourri par la drogue et les machines aux côtés desquels prospère le racket des boîtes de nuit (Cf affaire Calisson). ‘On » dit que le milieu s’est balkanisé entre les caïds des cités, des équipes de l’étang de Berre ou de Salon de Provence, et les Corses ou les Marseillais qui tiendraient la cité phocéenne.

Nous aimerions en dire plus mais le rapport de la PJ (Sirasco) n’est pas public : « dormez braves citoyens »

II. Le Livre

Pierre Folacci publie un livre riche, honnête et empli de passion pour le métier de policier enquêteur. Il n’épargne pas les collègues corrompus et surtout pas la hiérarchie jusqu’à notre ancien ministre de l’intérieur condamné pour corruption! (cf. opération Guéant rends l’appartement)

L’auteur revient souvent sur l’importance des sources en interne pour mener à bien la mission de police judiciaire ; justifiant ainsi la pratique des « cousins », des informateurs issus de la criminalité. Pierre Folacci ne nie pas que cette pratique produit une forme d’impunité ; le gangsters ou simple trafiquant donne des informations à la police en échange de service tel que ne pas être arrêté dans une autre affaire. La philosophie est assumée : « la fin justifie les moyens« .

Crim’HALT qui a pour vocation de proposer des solutions confirme : il n’est pas possible de lutter contre un phénomène clandestin sans information de l’intérieur! Pour autant, nous nous interrogeons sur cette pratique systémique du « cousin » dans la police française. Au vu des scandales de très grandes ampleurs, de Marc Fievet (aviseur des Douanes) à Hubert Avoine, infiltré des l’OCTRIS (PJ), nous pensons qu’il est plus sain de s’appuyer sur des criminels qui décident de rompre avec leur milieu en échange de protection.

Retrouvez notre tribune « Pour un statut de coopérateur de justice »

Bon débat!

 

Itv de Fabrice Rizzoli par Valerie Mazerolle

Crim’HALT à Nevers

A l’invitation du sénateur Gaetan Gorce et de l’association Prenons parole, Fabrice Rizzoli, a répondu à de nombreuses questions de citoyens passionnés. Dans le café des Halles de Nevers, récupérant les questions écrites tenues par des pinces à linge, le président de Crim’HALT a pu insister sur la nécessité d’impliquer les citoyens pour lutter efficacement contre la grande criminalité (cf. Les Grands Dossiers de Diplomatie).

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Le Sénateur Gorce, les pâtes Antimafias et Fabrice Rizzol

Dans le café des Halles de Nevers, récupérant les questions écrites tenues par des pinces à linge, le président de Crim’HALT a pu insister sur la nécessité d’impliquer les citoyens pour lutter efficacement contre la grande criminalité (cf. Les Grands Dossiers de Diplomatie).

M. le Sénateur est reparti avec un paquet de pâtes bio Libera Terra fait par une coopérative sur un terrain confisqué à la mafia (cf. Vidéo). Un énorme merci au Conseil Constitutionnel pour avoir retoqué l’amendement usage social des biens confisqués (cf. Communiqué de presse : les biens confisqués échappent à la société civile !)

Retrouvez l’article de Valerie Mazerolle dans le Journal du Centre :

Itv de Fabrice Rizzoli par Valerie Mazerolle
Itv de Fabrice Rizzoli par Valerie Mazerolle

Conférence – Corruption – Lancer l’alerte : à quel prix ?

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Dans le cadre de son cycle de conférences « Les Mercredis du Crime » organisé en partenariat avec l’Ecole des Hautes Etudes Internationales et Politiques (HEIP), Crim’HALT vous convie à sa seconde conférence « La corruption – Lancer l’alerte : à quel prix ? ».

Avec :

Cette conférence sera modérée par Fabrice Rizzoli, président de Crim’HALT et auteur de « La mafia de A à Z ».


Le mercredi 7 décembre 2016 à 19h
HEIP – Bâtiment Castor – Amphithéâtre


37, QUAI Grenelle -75015 Paris

Métro Bir Hakeim (Ligne 6) ou RER C Champs de Mars / Eiffel


Inscriptions

Consultez le programme complet du cycle de conférences

Semaine de la lutte contre le crime organisé à Bruxelles

rizzoli mafia antimafiaL’association « Culture contre la Camorra », contre la mafia napolitaine, organisait les manifestations autour de la semaine de la lutte contre le crime organisé à Bruxelles (cf. programme). Au sein du Comité économique et social européen, l’association antimafia italienne frappe fort en invitant de grands spécialistes comme Gherardo Colombo, magistrat de la célèbre enquête « Mains propres » en Italie, qui a vu la mise en examen du tiers de la classe parlementaire entre 1993 et 1995. Il faut dire qu’en Italie, les procureurs sont indépendants (nomination par le CSM, obligation de l’action pénale et séparation entre le magistrat qui enquête et celui qui décide d’un procès), tout l’inverse de la France avec un procureur, nommé par l’exécutif, qui peut décider seul de ne pas poursuivre sans avoir à se justifier (cf. « Des armes à l’italienne contre le crime organisé et plus si affinités »).

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F. Rizzoli, le Maire de Casal di Principe, F. Ianniello…

Mafias.fr, représenté par Fabrice Rizzoli spécialiste du crime organisé (cf. Séminaire Sciences-Po Paris) et président de l’association Crim’HALT, fit 4 allocutions en 2 jours.

Mafias.fr a défendu la redistribution, à des fins socio-culturelles, des biens confisqués (cf. article référence). L’usage socio-culturel des biens mal acquis est un moyen d’impliquer les populations dans une lutte relevant jusqu’alors du strict domaine régalien, privant ainsi le citoyen d’un rôle pro-actif contre la grande criminalité. Conférences et autres manifestions sont utiles mais elles ne suffisent pas à intégrer l’individu dans l’action contre les criminels professionnels. En revanche, on peut arguer que si une association se voit confier des locaux pour mettre en place, par exemple, une structure de soutien aux lanceurs d’alerte, dès lors les citoyens se verront doter des moyens d’être pro-actifs dans la lutte contre la corruption.

Mafias.fr a cité Anticor, seule association à avoir compris le message envoyé par la commission européenne CRIM contre le crime organisé, la corruption et le blanchiment en ingérant dans son plaidoyer (article 19) l’usage social des biens confisqués.

http://player-services.goviral-content.com/video/14280

Et il a présenté l’association Crim’HALT, jeune association pour l’usage social des biens confisqués.

rizzoli mafia antimafiaFabrice Rizzoli a présenté la situation du maire de Linguizetta, signataire de la charte éthique Anticor pour les élections municipales de 2014. Maire depuis 2008 et fervent protecteur du PLU d’une commune littorale touristique qui suscite les appétits du crime organisé, le Maire de Linguizetta subit menaces, pressions et mise à l’écart (cf. Le Monde). L’isolement le plus pernicieux est celui provoqué par les institutions… le contrôle de légalité des préfets étant très erratique sur le moyen terme. (cf. Tribune de Vincent Carlotti et Fabrice Rizzoli Le Monde).

Pour conclure :

Lutter contre le crime organisé, c’est lutter contre toutes les criminalités complexes

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Produits antimafias

Pour changer les lois, il faut changer les mentalités et, pour changer les mentalités, seule la redistribution à des fins sociales permet ce travail de moyen terme. Depuis l’instauration de coopératives agricoles antimafias en Sicile dans les années en 2000, il existe dans le berceau de la mafia un modèle de développement fondé sur la légalité démocratique. En 2012, des jeunes demandent un contrat de travail pour être embauchés dans l’agriculture! (cf. écoute téléphonique d’une mafieux qui se plaint d’une telle demande sur ces terres). En France, pays où la mafia n’existe pas… l’AGRASC saisit les biens du crime organisé mais aussi des corrompus et des évadés fiscaux :

 

 

Crim’HALT auditionnée par la Commission Violence en Corse

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Au milieu des produits antimafias

Le 8 octobre 2015, la Commission Violence de l’Assemblée territoriale invitait le président de Crim’HALT. La  Région Corse se compose d’un exécutif avec son président, Paul Giacobbi (qui a été mis en examen pour détournements de fonds publics), et d’une Assemblée, elle-même présidée par Dominique Bucchini. Ce dernier a mis en place une commission de lutte contre la violence, qui a notamment été présentée aux jeunes corses en janvier 2015. Pour cette dernière réunion de la mandature, il n’était plus question de violences faites aux femmes ou de violences à l’école mais de violences « économiques », celle des criminels professionnels (Corse : mafia or not mafia? That is the question!).

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Pas d’élus à la Commission

À l’exception d’Etienne Bastelica (président du Front de Gauche en Corse) et de Dominique Bucchini, aucun élu n’est venu entendre les témoignages et les pistes proposées, tandis qu’ils étaient nombreux lors des autres sessions (cf. Corse matin, les élus sèchent…)

Les témoignages de Mme Bianconi (association anti-racket), puis de Gigi et Jean-Jacques Ceccaldi, un couple d’entrepreneurs rackettés qui a porté plainte mais dont le procès s’est soldé par une relaxe, furent émouvants (cf. FLARE France). Que de solitude face à une menace aussi forte ! Que le prix est élevé pour avoir fait valoir ses droits de citoyens! Les médias aussi avaient fait le déplacement ; soit comme intervenant avec Thomas Brunelli, journaliste en Corse, et avec Salvatore Cusimano de la RAI-Sicile qui a envoyé une vidéo, soit comme témoins, avec la présence toute la journée de Corse matin et de Radio RCFM (itv du 9 octobre)

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F. Rizzoli, T. Brunelli, Gigi & JJ Ceccaldi

A la demande de la Commission, Fabrice Rizzoli a présenté une géopolitique critique des criminalités (cf. Séminaire Sciences Po Paris) : « Il n’y a pas d’un côté une économie légale et de l’autre une économie illégale, mais une seule économie dont les composantes sont enchevêtrées et solidaires » (source : Atlas de mafias, ed Autrement, 2014, p. 19.). La Corse, la France et l’Europe sont au cœur d’un système politico-économique mondial qui produit de la criminalité. Ce sont les fabricants de cigarettes qui se débarrassent de leur stock de cigarettes auprès des trafiquants, et non pas ces derniers qui impulsent la contrebande de tabac dans le monde. C’est la « mondialisation » qui fabrique toujours plus de déchets ; une croissance associée à une production de normes qui accouche de facto des réseaux parallèles d’écoulement de ces déchets. Les criminels ne sont pas des déviants, hors de la société. Ils sont insérés dans la société. Ils font partie intégrante du monde d’aujourd’hui (travaux Jean de Maillard, brillant magistrat français). Relativement à d’autres régions, la violence des professionnels du crime est sans aucun doute exacerbée en Corse.

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La confiture antimafia Libera terra

Il n’existe cependant aucun présupposé culturel, en Corse comme ailleurs, qui expliquerait une violence de ce type. Pour la Corse, comme pour le monde, des solutions existent. Il appartient à l’État et aux élites de les proposer aux citoyens. Il n’est pas acceptable que l’État en appelle à la responsabilité individuelle sans prendre sa part. Comment demander à un élu de témoigner contre des malfrats, si le Préfet lui-même n’assure pas le contrôle de légalité ? L’État demande à des citoyens de lutter contre la corruption, mais c’est le Ministre de la Justice qui nomme le procureur. On ne peut pas demander aux commerçants rackettés de témoigner si on ne met en place un système de protection des témoins (cf. Le décret sur les « coopérateurs de justice » enfin signé ?). On ne peut pas demander d’impliquer la société civile sans lui attribuer le fruit des biens confisqués…

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Aliments antimafias Libera Terra

Sur la violence comme sur l’économie criminelle mondialisée, Fabrice Rizzoli est revenu sur les solutions culturelles visant à impliquer la société civile, seule manière de renverser le rapport de force aujourd’hui en faveur des corrompus de tous bords. Il propose des projets pédagogiques dans les écoles (cf. « Entre les Lignes« ), revenant sur les expériences de lutte contre le racket en Italie (Addio pizzo)…. Citant le travail de l’association Anticor et de son référent en Corse Vincent Carlotti (cf. Tribune « Le Monde« ), Fabrice Rizzoli a aussi évoqué la situation du maire de Linguizetta menacé parce qu’il fait son travail d’élu en respectant le PLU, une mission peu soutenue par les préfets qui se succèdent (cf. Article « Le Monde« ).

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E. Bastelica, F. Rizzoli, D. Bucchini

Présentant le modèle italien de lutte contre la grande criminalité, qui a fait baisser la violence de façon considérable par exemple en Sicile (5 meurtres mafieux par an pour 5 millions d’habitants), Fabrice Rizzoli a insisté sur l’usage social des biens confisqués comme mesure phare contre la violence. Il note qu’après 5 ans de lobbying en France, seule l’association Anticor à intégré dans son plaidoyer (art 19.) l’usage social des biens confisqués. Anticor est une véritable association, « du bas vers le haut », qui refuse les subventions pour préserver son indépendance. Il n’est donc pas étonnant que seule à ce jour, elle ait compris l’intérêt d’une telle mesure pour lutter contre la corruption.

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E. Bastelica, F. Rizzoli, D. Bucchini, Gigi & JJ Ceccaldi

En fin d’audience, Fabrice Rizzoli a offert des produits fabriqués par des coopératives sur des terres confisquées à la mafia. Depuis une loi de 1995, l’État peut mettre à disposition des citoyens des biens confisqués aux mafieux (cf. Article réference). La première coopérative en Sicile date des années 2000. En 2012, une écoute téléphonique a révélé qu’un mafieux se plaignait que des jeunes de l’arrière-pays de Palerme aient demandé un contrat de travail dans ces domaines agricoles.

Le cercle vertueux qu’amorce l’usage social des biens confisqués change les mentalités.

Le couple de citoyens victimes de racket est reparti avec un paquet de pâtes complète bio dont les céréales sont faites à Corleone, fief de la mafia et de l’Antimafia. Le président de la Commission, Dominique Bucchini, est reparti avec un pot de confiture de citrons produits par une coopérative dans l’arrière-pays de Palerme. Le terrain appartenait à un chef de la mafia qui a fait assassiner le juge Giovanni Falcone. Aujourd’hui, des jeunes gagnent leur vie honnêtement sur ce terrain.

Razzia sur la France ?

Le 15 avril 2015, Crim’HALT a organisé une soirée-débat autour du thème « Razzia sur la France ».

Le débat était organisé autour d’Hélène Constanty, journaliste membre d’Anticor qui nous a présenté son ouvrage Razzia sur la Rivieraet de Céline Cael, étudiante qui nous a présenté son ouvrage La transparence financière des élus politiques français.

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Principales interventions de la conférence du 23 mars 2015

 


Présentation de Crim’ HALT:

 

L’intervention présente la nouvelle association « Crim’Halt », dont l’objectif est la promotion de la justice sociale. A cette fin et s’appuyant sur l’exemple italien, elle milite en faveur de la réutilisation sociale des biens confisqués à la criminalité organisée ou professionnelle. Créée par Fabrice Rizzoli, l’association est majoritairement composée d’une base étudiante en provenance de formations diverses, mais également de bénévoles dont l’activité professionnelle est souvent en lien avec l’objet des
revendications. Afin de mobiliser et sensibiliser la société civile, l’association impulse des espaces de débats et de production d’alternatives, en développant une expertise propre, notamment grâce à l’investissement d’un comité scientifique.

 

Intervention de Fabrice Rizzoli, Président de Crim’Halt:
 

 

Le président de Crim’HALT revient ici sur l’importance du secteur associatif dans la lutte contre les diverses formes de criminalité organisée. Pensons ici aux associations militant pour que la journée du 21 mars, reconnue en Italie comme la journée en mémoire des victimes du crime organisé, revête un caractère international.

 

Les associations peuvent ainsi jouer de multiples rôles. A travers la recherche scientifique, elles contribuent au développement d’une expertise propre, sans dépendre du savoir institutionnel. La diffusion de ce savoir et l’organisation d’évènements leur permet ensuite de sensibiliser la société civile à ces problématiques. Enfin, elles peuvent jouer un rôle de dénonciation des phénomènes criminels et ainsi permettre l’intervention du secteur judiciaire.
 
Intervention de Geoff Dean, Professeur de criminologie:
 

 

Professeur Australien en criminologie, Geoff Dean s’est penché sur les liens existant entre les meurtres en série, le crime organisé et les crimes de nature
extrêmement violente. Contrairement aux présupposés, son intervention nous invite à relever les mécanismes neurologiques similaires entre ces différentes catégories de crimes. Adoptant une approche cognitiviste, il explique ainsi que, si ces acteurs ont des motifs différents, ils partagent en revanche cinq perceptions et cinq croyances communes structurant leur rapport au crime, les
perceptions étant appréhendées comme des interprétations de la réalité: « We see with the eyes but we perceive with the brain« .

 

Ses études pratiques lui ont ensuite permis de modéliser les facteurs de risque du passage à l’acte, relevant des signaux permettant d’aider les forces de l’ordre à prévenir la criminalité.
 
 
Intervention d’Eric Alt, Vice-Président d’Anticor.

 

 

Son intervention s’articule autour de la dénonciation de l’esprit de la corruption.
Il relève ainsi que la confiance politique est à un niveau historiquement bas, conjugué au plus haut niveau de corruption. Si l’on s’en tient aux études de la commission européenne, ce phénomène coûterait ainsi 120 milliards d’euros par an aux Etats Européens.

 

Cette situation est encore amplifiée par le culte du secret, si élevé qu’il en atteint un niveau pathologique. Il se manifeste par exemple à travers
l’interprétation, parfois abusive, de la notion de « secret-défense ».
En parallèle, le retrait de l’Etat permet un accroissement des violences.
Celles-ci se manifestent en premier lieu à l’égard des lanceurs d’alerte, tant sur le plan symbolique que sur le plan physique. L’action associative permet ainsi une résistance citoyenne à ces dérives, à travers la promotion de mesures défendant les valeurs républicaines.

 

Intervention de Séverine Téssier, Présidente d’Anticor:
 

 

Appuyant les propos d’Eric Alt, Sevérine Téssier insistait sur le lien entre démocratie et corruption. Depuis sa naissance en 2002, Anticor a vu la création de plusieurs groupes locaux, signes de la bonne vitalité de l’association. La corruption s’est toutefois également enracinée, la décentralisation ayant reconstitué les féodalités d’anciens régimes.

 

Le système politique français s’appuyant sur une forte délégation du pouvoir aux élites, sans réel contrôle démocratique, les dérives criminelles corruptives revêtent un caractère systémique. A cet égard, l’on remarque que la majorité des condamnations concernent des élus cumulant les mandats. Pire encore, certaines fonctions publiques sont cumulées à des fonctions privées, créant ainsi des conflits d’intérêts. Un accroissement des mécanismes de contrôle démocratique devient donc impératif pour limiter les dérives, ce qu’Anticor met en place à travers un large répertoire d’actions (formation des citoyens, création de chartes éthiques, etc).

 

Intervention de Silvia Caccia, Présidente de Libera France:
 

 

Sil’Etat Français a réussi quelques progrès en matière de confiscation des biens mal-acquis, en témoigne la création de l’Agence de Gestion et de Recouvrement des Avoirs Saisis et Confisqués, en 2011, le système juridique ne permet pas encore la réutilisation sociale de ces biens, à l’image de ce que permet une loi italienne de 1996.

 

Le réseau d’associations Libera, né en Italie, en 1995, et souhaitant impliquer la société civile contre les mafias, a connu plusieurs réussites ces dernières
années. A l’échelle européenne, le Parlement Européen a approuvé les initiatives étatiques sur la confiscation des biens mal-acquis. En France, le député Jean-René Marsac, s’est saisi de cette question au travers d’amendements, et s’il n’ont pas abouti à l’entrée en vigueur d’une loi, quelques promesses lui ont été faites en ce sens. Par son activité, Libera contribue ainsi à faire émerger la question sur l’agenda politique institutionnel.