Claude Chossat au salon des Livres et l’alerte

Rencontre avec Claude Chossat, un des hommes les plus menacés de France…

chossat

Dans le cadre du 4ème salon des Livre et l’alerte CrimHALT a interviewé Claude Chossat, le premier « repenti » de l’histoire du banditisme corse. N’étant pas protégé par l’Etat  français alors qu’il a coopéré avec la justice, Claude Chossat ne pouvait pas témoigner au salon du livre sans risquer sa vie. Crim’HALT a donc décidé de l’interroger et de diffuser son itv lors de la table ronde « éditer l’alerte ». Dans son interview, celui qui mériterait d’être protégé comme le sont les collaborateurs de justice en Italie nous raconte sa vie d’homme traqué et l’intérêt d’avoir publier un livre. Après avoir révélé des informations à la justice sur le gang de la Brise de Mer, l’ancien malfrat est devenu l’un des hommes les plus menacés de France.

 

Un repenti de faits mais pas de droit

Un matin de septembre 2009, Claude Chossat est arrêté sur le parking d’une carrosserie de Savoie par une dizaine d’hommes encagoulés de la BRI de Lyon.

Quelques mois plus tard, mis en examen dans plusieurs affaires, il accepte de coopérer avec la justice, et dit avoir passé un accord avec les magistrats du JIRS de Marseille, en charge de la lutte contre le crime organisé : révélations contre statut de repenti.

Or, il s’est vu refuser le statut de collaborateur de justice, mis en place en 2014, qui lui aurait assuré changement d’identité et une protection policière lui et sa famille.

Il a publié un livre pour raconter deux ans aux côté d’une des plus importants gangsters Corse mais aussi pour exprimer son amertume envers une justice qui n’a pas respecté ses engagements. Le livre permet de comprendre les lacunes du statut de collaborateur de justice en France.

Son livre adresse également un message claire et sans ambiguïté à la jeunesse française : le crime ne paie pas!

« Je voulais me vider de ce poids qui m’étranglait, me laver de cette crasse qui me collait à la peau, m’extraire de ce monde pourri de la mafia corse, de ce cortège de morts. »

Ancien chauffeur et garde du corps de Francis Mariani

Entre 2007 et 2009, Claude Chossat a servi de chauffeur, de garde du corps, et même parfois de confident à Francis Mariani, le parrain de la Brise de Mer. Durant une trentaine d’années, cette bande de malfaiteurs s’est infiltré dans de trés nombreux secteurs de l’économie et de la politique en Corse et sur le continent.

En 2007, Francis Mariani échappe à une tentative d’assassinat, alors qu’il roule dans sa Porsche blindée. Un dos d’âne et son passé de pilote de rallye lui a permis de prendre la fuite et de sauver sa peau.  C’est à ce moment-là qu’il fait appel à Claude Chossat pour assurer protection.

Selon Claude Chossat, Francis Mariani était persuadé que c’est Jean-Luc Germani qui a tenté de le tuer en 2007.

Le 23 avril 2008, Claude Chossat, conduit Francis Mariani à Porte-Vecchio. Dans son livre, il confie : « Nous étions en repérage, Francis Mariani voulait enlever un proche de Jean-Luc Germani pour le faire parler, pour qu’il lui dise où se trouvait Germani. »

Comme va le confier Claude Chossat, la séance de repérage va mal tourner et faire une victime collatérale, un certain Richard Casanova, le beau-frère de Jean-Luc Germani.

Ce jour-là Richard Casanova va tomber sous une salve de fusil d’assaut tiré depuis un muret derrière lequel se serait caché Francis Mariani.  Sur la scène de crime, les enquêteurs vont retrouver l’ADN de Claude Chossat.

En garde à vue, Claude Chossat va révéler aux enquêteurs qu’il avait installé « un poste d’observation pour surveiller l’homme que nous devions enlever, dit-il. Je ne savais pas qu’il servirait de poste de tir. Quand les coups de feu ont claqué je n’étais pas présent j’étais dans une voiture. »

Reste que Claude Chossat n’en a pas encore terminé avec la justice : il reste mis en examen pour l’assassinat en tant que co-auteur de Richard Casanova.

Impossible de confronter sa version des faits avec celle de Francis Mariani, mort 8 mois après l’assassinat. En effet, le 15 janvier 2019, Francis Mariani a périt dans l’explosion d’un hangar désaffecté à Casevecchie, près d’Aleria.

Claude Chossat doit comparaître devant la Cour d’Assise des Bouches du Rhône du 28 octobre au 8 novembre 2019, pour un crime qu’il dit ne pas avoir commis (Voir article France 3 Corse). Crim’HALT milite d’ailleurs pour le procès soit dépaysé!

Au travers de l’histoire de Claude Chossat, il est difficile, une fois de plus, de ne pas s’interroger sur la place que tient la justice et celle accordée aux citoyens dans la lutte contre la mafia (cf. communiqué des biens confisqués).

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