ERASMUS + 6 : Crim’HALT sur les terres libérées de la mafia

19 Avr 2024 | Articles | 0 commentaires

Grâce au projet ERASMUS +, financé par l’Union Européenne, pour son 6ème voyage d’étude, l’équipe de Crim’HALT s’est rendue à Casal di Principe, du 16 au 23 mars 2024, auprès de notre partenaire historique le Comitato don Diana

Crim’HALT était accompagné par les collectifs anti-mafia en Corse : Cullettivu Antimafia Massimu Susini et Maffia NÒ – A vita IÈ, le collectif des familles de Marseille et l’association Conscience, mais aussi de parents de victimes de la criminalité organisée en France, de journalistes et d’universitaires. Ce groupe hétéroclite a fait en grande partie la richesse de cette formation. Les participants étaient suivis par Anne Fauquembergue de France Culture (cf. 5 épisodes lors du JOURNAL DE 8H45 du Lundi 18 au vendredi 22 mars 2024) et par Lionel Feuerstein de France 3.

L’objectif de ces voyages d’étude est de sensibiliser et de former les acteurs à l’anti-mafia sociale, en découvrant des initiatives législatives et citoyennes permettant de reconstruire une réalité sociale et économique, sans lien avec la mafia (cf. livre blanc Palerme 2022). 

Casal di Principe est une commune de la province de Caserte, dans la Campanie, à moins d’une heure du centre de Naples. Cette ville d’environ 20 000 habitants a été révélée par le best-seller et la série télévisée Gomorra. Auparavant, des clans puissants y régnaient comme les Casalesi, un clan de poids d’un point de vue économique. Casal di Principe était d’ailleurs la capitale financière de la mafia. Mais aujourd’hui, elle est devenue un symbole de l’engagement citoyen contre la criminalité organisée. Sur 50 biens confisqués à la mafia, 25 sont au service de la population (cf. « Réutiliser les biens, ce n’est pas important, c’est fondamental ! » (1/3)).

Dimanche 17 mars : rencontre avec le Comitato Don Diana

« Même si les associations ont gagné du terrain et qu’elles sont plus fortes face aux mafias, il faut rester extrêmement vigilant car ces dernières évoluent très vite. »

Salvatore Cuoci, président du Comité Don Diana

Le voyage d’étude commence par la rencontre avec le Comitato don Peppe Diana, créé en 2006. Il représente l’union des personnes et des organisations désireuses de ne pas oublier le martyr don Giuseppe Diana, dit Peppe Diana. Cette icône de la fronde anti-mafia est reconnue pour son engagement contre le crime organisé : il y laissera sa vie, mort dans son église sous les balles de la Camorra, alors qu’il se préparait à célébrer la messe. Nous avons aussi rencontré et échangé avec Augusto, photographe qui est le témoin oculaire de l’assassinat de Don Peppe Diana. 

Journal de 12h30 sur France Culture :

À la rencontre des victimes de la mafia (1/3)

The victims of the Mafia (1/3) 

Lundi 18 mars

Matin : atelier « mafia / anti-mafia » en marchant dans la ville de Casal di principe

RFI : formation pour lutter contre la criminalité organisée par Crim’HALT

 

Après-midi : rencontre entre familles de victimes italiennes et françaises sous l’égide de la fondation Po.li.s

Le Comité don Diana et l’association Crim’HALT ont permis aux familles de victimes italiennes et françaises de partager leurs parcours. Les récits s’entremêlent et les souffrances ne font qu’une. Les familles de victimes ne parlent pas la même langue, mais se comprennent bien, avant même que les traductrices aient fini de retransmettre. 

Les parents de Mario Pacciolla, ce jeune napolitain journaliste en Colombie laisse sans voix le public. Classée comme un suicide, sa famille milite après son décès afin de découvrir la vérité : selon eux, leurs fils aurait été témoin de quelque chose qu’il n’aurait pas dû voir. Après sa mort, son appartement aurait même été nettoyé à la javel. 

Cette histoire fait écho à l’une des participantes du séjour, Elisabeth Borrel, magistrate et veuve du juge Bernard Borrel, assassiné à Djibouti. Ses familles partagent la culture de la solitude face aux institutions. Au nord de Naples, des Français s’inspirent de la lutte anti-mafia italienne : les membres de l’association Crim’HALT sont venus en Italie pour en apprendre davantage sur la manière dont les autorités transalpines combattent la Camorra. « Il y a urgence… ».

Journal de 12h30 sur France Culture :

Quand la maison d’un boss de la Camorra se transforme… en commissariat de police (2/3)

When the house of a Camorra boss becomes… a police station (2/3)  

Mardi 19 mars : journée 30 ans de l’assassinat de don Peppe Diana : ne jamais oublier

Le 19 mars, à l’occasion du trentième anniversaire de la mort de Don Peppe Diana, les membres de l’équipe Crim’HALT ont communié aux côtés de plusieurs milliers de citoyens venus de toute l’Italie. La commémoration a lieu symboliquement dans l’église Saint-Nicolas de Bari où il a perdu la vie.

Après la messe, un cortège de citoyens a parcouru les rues de Casal di Principe, avec une participation estimée à environ 15 000 personnes. Ce rassemblement tenu en l’honneur du père Don Peppe Diana s’est clos par la lecture sur la place publique des 1 080 noms de victimes dites « innocentes » de la mafia.

Au fil du séjour, l’importance de la prise de parole prend toute sa place et donne naissance à la prise de conscience. Avant, les familles de victimes italiennes vivaient leur expérience dans la culpabilité. Aujourd’hui, les parents de victimes innocentes sont des acteurs de l’anti-mafia. Si tout le monde connaît la vie des criminels, il est important de connaître les victimes et leur histoire.  

Il est essentiel de partager les récits pour se rendre compte que la mafia tue et contamine toute les strates sociales. Le mur des victimes en est le stigmate.

Pour elles, les victimes françaises, une véritable souffrance s’est installée : une « culture de la solitude », dit Ouassila Kessaci. 

Jean-Toussaint Plasenzotti, membre du Collectif Massimo Susini, évoque la nécessité de « tirer quelque chose de vivant, un enseignement, tirer une leçon de civilisation ». 

Journal de 12h30 sur France Culture :

Mercredi 20 mars : ateliers sur les coopératives anti-mafia et rencontres avec d’anciens mafieux

Journal de 12h30 sur France Culture :

Plongée dans l’Italie de l’anti-mafia atelier avec le « repenti » Luigi Bonaventura de la mafia calabraise

Jeudi 21 mars : journée nationale des victimes innocentes à Rome

Journal de 12h30 sur France Culture :

Vendredi 22 mars : journée à Herculanum avec Radio Siani, la radio anti-mafia

« Radio Siani les « bonnes ondes » de l’anti-mafia » (3/3)

 Radio Siani the “good waves” of the anti-mafia (3/3) 

Liste des participants

1. Fabrice Rizzoli, cofondateur de Crim’HALT : Le crime organisé en ligne de mire : activisme et empowerment d’un enseignant-chercheur

2. Marie Charbonneau, étudiante en master de sciences politiques, stage Crim’HALT janvier-février 2023 et éditrice du livre blanc Erasmus Palerme 2022  : Lecture obligatoire 

3. Davide Bremi, militant anti-mafia et trésorier de Crim’HALT et co-auteur de Bilan de la loi italienne permettant l’usage social des biens confisqués aux mafieux

4. Djamila Petri, étudiante en droit à l’université de Trieste (Italie), coach de l’équipe de Trieste pendant la 31ème édition de la Willem C. Vis International Commercial Arbitration Moot. Auteure d’un mémoire universitaire de « Communication Interlinguistique appliquée aux professions juridiques » : La lutte contre l’accumulation du capital illicite de la criminalité organisée en France et Italie

5. Stefan Marrec, co-fondateur de Crim’HALT et spécialiste en sécurité internationale

6. Agathe Jozon, étudiante à Sciences Po Paris, stage Crim’HALT octobre novembre 2023 et actuellement en stage aux Douanes

7. Stéphane Quéré, criminologue spécialiste des groupes de motards criminels, auteur de nombreux ouvrages, responsable module « crimorg » du master criminologie au CNAM et animateur du site crimorg.com

8. Elisabeth Borrel, magistrate et épouse du juge Bernard Borrel assassiné en service à Djibouti le 19 octobre 1995 : Table-ronde « Etat et abus de droit » 

9. Laurent Gourarier, psychiatre membre de Crim’HALT

10. Carla Ouhibi, étudiante en Sciences politiques, stage chez Crim’HALT janvier février 2024

11. Tristan Quemener, journaliste à Fakir : Journal fâché avec tout le monde. Ou presque.

12. Manette Battistelli, membre du collectif anti-mafia en Corse Maxime Susini : Collectif Massimu Susini : « Gérald Darmanin a du mal avec le mot mafia » ; Le collectif Massimu Susini veut inscrire la lutte anti-mafia dans la loi

13. Jolan Zaparty, journaliste à La Provence, Ces agents qui tapent les voyous au portefeuille, Auteur de portraits de victime pour le site de Crim’HALT : Portrait de Rayanne, 14 ans, victime innocente

14. Valerie Clemens, Interprète de conférence – traductrice, expert près la Cour d’Appel de Bastia et enseignante à l’Université de Corse. Membre du collectif Maffia No A Vià IE ; Crim’HALT invité par le collectif « Non à la maffia, oui à la vie »

15. David Brugioni, maire de Centuri de 2014 à 2020, lanceur d’alerte et victime de menaces, co-fondateur de la plateforme citoyenne en Corse et référent d’Anticor en Corse : Corse : le très bon sujet de Canal+, CRIM’HALT avec David BRUGIONI, maire de Centuri en Corse ; Tribunal correctionnel de Bastia : procès renvoyé pour Joseph Micheli, l’ancien maire de Centuri

16. Laetitia Linon, collectif des familles de victimes à Marseille et tante de Rayanne, 14 ans, tué par balles dans le quartier des Marronniers à Marseille le mercredi 18 août 2021 : « Le témoignage de la tante de l’adolescent de 14 ans tué à Marseille »

17. Atika Saib, collectif Alehan des familles de victimes à Marseille et tante de Sarah, 19 ans, tuée par balles dans le quartier de la belle de mai le 13 octobre 2020 : En souvenir de Sarah, 19 ans, victime innocente des trafiquants

18. Jean Toussaint Plasenzotti, enseignant de langue corse, cofondateur du Collectif Maxime Susini, oncle de Maxime, tué par balle le 12 septembre 2019 ; En Corse, l’oncle de Massimu Susini, assassiné en 2019, rêve d’éradiquer la mafia ; Session mafia à l’Assemblée de Corse : l’avis du collectif anti-mafia Massimu Susini

19. Hassna Arabi, fondation Armée du Salut, membre du collectif des familles de victimes à Marseille, cousine de Socayna, 24 ans tuée par balle balle le mardi 12 septembre 2023 : « Ils ont enlevé ma fille chérie », le cri du coeur de la maman de Socayna, tuée à Marseille

20. Fatna Rahem, association Conscience à Marseille, maman de Liam assassiné le jeudi 21 juillet 2022 : Violences à Marseille : «j’ai pris perpétuité», s’émeut la mère d’une victime

21. Ouassila Kessaci, association Conscience à Marseille, maman de Brahim assassiné au mois de décembre 2021 : La mère et le frère d’une victime brisent le silence

22. Francesca Vinciguerra, journaliste auteure d’un mémoire sur les journalistes menacés en Italie : Italie : un journalisme sous protection policière

23. Hassina Sadani, collectif des familles de victime à Marseille et tante de Sarah, 19 ans, tuée par balles dans le quartier de la belle de mai le 13 octobre 2020 : En souvenir de Sarah, 19 ans, victime innocente des trafiquants

24. Jasmine Benaïm, soeur de Kawtar, 17 ans tuée par balle le vendredi 9 juillet 2021 à Marseille

25. Mathilde Dorcadie, journaliste Equal Time et freelance : Changement de propriétaire : quand la société civile italienne s’installe chez les mafieux 

26. Frédéric Crotta, ex-grand reporter à France Télévisions, travaille en indépendant pour la presse et des sites d’info (Factuel media). Il est également réalisateur et producteur de documentaires pour la télévision à Paris. 

27. Aurore Hennion, journaliste spécialisée en corruption

28. Anne Fauquembergue, journaliste à Radio France France Culture : Podcasts et actualités

29. Hélène Constanty, journaliste à Médiapart et auteure de nombreux travaux sur la mafia qui n’existe pas en France…Crim’HALT dans MEDIAPART ; Crim’HALT dans La Revue Dessinée ; Crim’HALT dans la « Corse, l’étreinte mafieuse »

30. Lionel Feuerstein, rédacteur France 2 : 13h15 mafia calabraise ; Podcast : La Quête de Fabrice Rizzoli : lutter contre la mafia

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Retrouvez nos précédents projets :

Du 22 au 30 août 2026 s’est déroulé le projet L.E.G.A.L. sur les terrains confisqués à la mafia de la coopérative Al Di Là Dei Sogni en Campanie, dans la ville de Sessa Aurunca. L’occasion pour Crim’halt d’y emmener Mohamed Benmeddour, médiateur dans les quartiers nord de Marseille et Yasmina Bel Hadj, chargée de mission prévention de la délinquance (entre autres casquettes toutes liées à la protection de la jeunesse) à la mairie de Marseille, tous deux envoyés sur les conseils de l’association Conscience, fondée par le désormais élu marseillais Amine Kessaci.

Le groupe du projet L.E.G.A.L. lors du premier soir à la coopérative. Autour d’un bon plat de pâtes, évidemment!
Crédit photo : Al Di Là Dei Sogni

L.E.G.A.L. c’est quoi?

L.E.G.A.L. pour Learning, Education & Good-practices for Active Legality – Apprentissage, éducation et bonnes pratiques pour une légalité active. Cette nouvelle formation Erasmus+ est destinée aux travailleurs en lien avec la jeunesse. La formation a réuni 20 personnes : dix-huit travailleurs de jeunesse et deux formateurs. Les participants étaient envoyés par six organisations partenaires, à raison de trois travailleurs de jeunesse par pays : Italie, France, Roumanie, Bulgarie, Serbie et Lituanie.

OBJECTIFS :

– Renforcer les compétences des travailleurs de jeunesse dans l’utilisation de l’éducation non formelle pour promouvoir la légalité, la citoyenneté active et la justice sociale.
– Fournir des outils pratiques pour travailler auprès de jeunes vulnérables et prévenir l’influence de la criminalité.
– Échanger des bonnes pratiques européennes en matière d’action sociale antimafia, – d’engagement communautaire et de réutilisation des biens confisqués.

Concernant notre participation à ce séjour sur la coopérative, en répondant à ce type d’appels à projet européens qui s’inscrivent dans le programme Erasmus +, le rôle de Crim’Halt est ici de faire la connexion entre la ville de Marseille et un des nombreux acteurs engagés en Italie dans la lutte anti mafia. Pour donner des idées à nos responsables locaux, et plus largement sensibiliser les citoyens dans le rôle qu’ils peuvent jouer pour faire reculer la violence causée par le crime organisé en France.

Le groupe du projet L.E.G.A.L. en atelier.
Crédit photo: Jolan Zaparty
Aux côtés de Gaetano, ex-camorriste incarcéré à de multiples reprises depuis ses 16 ans, condamné pour trafic de drogue international et devenu, au travers une fin de peine aménagée au sein de la coopérative, désormais l’un des piliers de Al Di Là Dei Sogni.
Crédit photo : Al Di La Dei Sogni
Durant une semaine, le groupe du projet L.E.G.A.L. a participé activement à la vie de la coopérative, travaillant notamment sur ses 17 hectares de terrains agricoles confisqués à la mafia.
Crédit photo : Jolan ZAPARTY

Un point sur la loi d’usage social des biens confisqués

Il faut aujourd’hui faire le point sur la loi d’usage social des biens confisqués en France : la loi d’avril 2024 permet désormais aux collectivités territoriales et aux associations de se voir attribuer des biens immobiliers saisis pour y mener des projets d’intérêt général ou de logement social. L’élargissement légal permet aux mairies et structures locales de solliciter l’AGRASC (Agence de gestion et de recouvrement des avoirs saisis et confisqués) pour réemployer ces actifs. Finalités sociales : transformation des biens en logements d’urgence, structures d’insertion ou centres pour l’économie sociale et solidaire.

La loi a donc étendu le pouvoir des collectivités qui peuvent désormais préempter ces biens. Mais le mécanisme est encore trop peu connu de leurs services, et trop peu utilisé. A Marseille, l’exemple de la maison d’un trafiquant de cocaïne confisquée aux Aygalades, dans le 14e arrondissement, et transformée en centre d’hébergement d’urgence en 2023 est désormais assez connu. Mais à quand de nouveaux projets? Rien que sur la ville de Marseille, Crim’HALT a déjà eu vent d’au moins trois biens confisqués par l’AGRASC qui pourraient être reaffectés socialement, y compris dans les beaux quartiers comme cet immeuble de haut standing situé sur la Corniche, confisqué à des escrocs de la taxe carbone européenne, mis en vente aux enchères pour 4,7 millions d’euros en septembre 2025, mais qui n’a pas trouvé preneur et reste donc aujourd’hui vide et inoccupé.

Vue aérienne du Carlton Palace sur la Corniche.
Crédit photo : Agorastore

En Campanie, dans le sud de l’Italie mais plus largement partout dans la botte, on compte déjà près d’un millier d’exemples de réussite de ces transformations d’un lieu anciennement criminel en un espace au service de la collectivité. A la coopérative Al Di Là Dei Sogni, Simmaco, à l’origine du projet, rappelle ce que dit le droit :

La loi italienne parle d’une réutilisation à des fins sociales ou productives. Dans le social, on peut tout imaginer : un foyer d’accueil pour mineurs en danger, un centre culturel, une résidence médicalisée pour personnes âgées, un centre d’urgence pour des personnes toxicodépendantes, un lieu dédié à des communautés éducatives, pour les personnes souffrant de handicap mental… Tout est possible. Pour les activités productives, c’est la même chose. Si l’on veut imaginer un atelier de fabrication de tables ou de chaussures, c’est possible. La seule condition est que 30% des personnes travaillant dans la nouvelle structure soient reconnues – par les services de santé ou les services sociaux – comme étant des personnes défavorisées.

Depuis que notre association participe à des séjours Erasmus + sur cette thématique, Crim’Halt en a fait la promotion auprès d’acteurs de l’économie sociale et solidaire, de journalistes, de magistrats… Sans oublier bien sûr les familles de victimes que nous avons emmené sur ces programmes de formation.

A Sessa Aurunca, la coopérative sociale qui nous a hébergé cette semaine est un modèle de partenariat réussi pour aider des publics vulnérables et faire reculer l’emprise criminelle sur un territoire. Celui-ci fait travailler main dans la main des travailleurs sociaux, d’anciens détenus passés par le parcours de coopérateur de justice, des personnes en situation de handicap, d’anciens toxicomanes, les autorités qui luttent contre le crime organisé en Italie…Sans oublier des acteurs du monde éducatif, la population locale et au delà.

Et la coopérative ne compte pas s’arrêter là. Dernier projet en date : la gestion d’un nouveau bien confisqué récupéré par Al Di Là Dei Sogni au mois d’août 2025. Baptisé Al Di Là Del Mare, il s’agit d’une villa cossue située en bord de mer, saisie puis confisquée à un homme d’affaires local véreux qui faisait du business avec la Camorra. L’équipe de la coopérative réfléchit encore à ce qu’elle pourra faire sur place, un restaurant solidaire, un studio de musique pourquoi pas… Une radio associative, pilotée par une ONG, s’est dors et déjà installée au sous-sol de la villa qui compte deux étages et de beaux espaces extérieurs, à 3 minutes à pied de la mer. C’est un peu comme si chez nous, une belle demeure de la Côte d’azur était confisquée à un criminel notoire pour être transformée en centre culturel et social. Ça fait rêver non?

Al Di La Del Mare.
Crédit photo : Jolan Zaparty
Sur la terrasse du nouveau bien confisqué. Simmaco (2ème à g.), fondateur de la coopérative, nous a raconté l’histoire du bien.
Crédit photo : Jolan Zaparty
L’emplacement de la future radio associative.
Crédit photo : Jolan Zaparty

En résumé, pour lutter efficacement contre le crime organisé, il faut aussi des citoyens organisés. Les réseaux criminels se nourrissant des failles de l’État social, s’infiltrant là où l’action des pouvoirs publics se délite, ou les liens entre citoyens d’une même communauté s’affaiblissent. En faisant travailler ensemble une justice indépendante et des élus volontaires, des acteurs de terrain chevronnés et des habitants éclairés, opposons-lui donc une résistance collective.

Lors de notre retour du séjour organisé dans le cadre du projet L.E.G.A.L., la délégation française a pu défendre l’intérêt de tels projets auprès de l’élu Amine Kessaci, déjà fin connaisseur du modèle Italien. Gageons que ces nouveaux retours d’expérience et de terrains lui permettront à lui et à son équipe de monter de nouveaux projets pour faire avancer le modèle de l’usage social des biens confisqués à Marseille.

Retour d’expériences auprès de l’élu marseillais Amine Kessaci.
Crédit photo : Ville de Marseille

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